Sénégal : 426 milliards FCFA d’emprunts sous silence , les révélations troublantes du Financial Times

Le quotidien britannique Financial Times jette une lumière crue sur la gestion récente de la dette sénégalaise. Dans une publication datée de ce lundi, le média affirme que le Sénégal aurait contracté d’importants financements internationaux sans en faire état publiquement, soulevant des interrogations sur la transparence budgétaire.

Selon ces révélations, le pays aurait mobilisé environ 650 millions d’euros auprès de deux institutions majeures, Africa Finance Corporation et First Abu Dhabi Bank. Ces opérations financières auraient été structurées de manière à offrir des garanties spécifiques aux nouveaux créanciers, potentiellement au détriment des détenteurs d’obligations déjà existantes.

Le mécanisme utilisé reposerait notamment sur des instruments financiers complexes, en particulier des swaps de rendement total. Ces produits permettent d’échanger des flux financiers liés à des obligations, tout en transférant certains risques et avantages aux prêteurs. Or, d’après les informations rapportées, les termes précis de ces accords n’auraient pas été rendus publics.

Le Fonds monétaire international, cité dans l’article, serait au courant de plusieurs de ces transactions. Toutefois, il n’aurait pas obtenu communication complète des conditions encadrant ces opérations, ce qui alimente davantage les interrogations autour de leur opacité.

Dans le détail, un premier accord conclu avec Africa Finance Corporation aurait permis au Sénégal d’accéder à une enveloppe pouvant atteindre 350 millions d’euros. Une première tranche de 105 millions d’euros aurait déjà été débloquée, en contrepartie d’un transfert d’obligations en francs CFA d’une valeur supérieure, assorti de taux d’intérêt relativement élevés.

Quelques semaines plus tard, un second montage financier aurait été signé avec First Abu Dhabi Bank. Ce nouvel accord, d’une durée de trois ans, porterait sur un montant de 300 millions d’euros, également adossé à des obligations souveraines cédées en garantie.

À ce stade, le ministère des Finances sénégalais n’a pas officiellement réagi à ces informations, pas plus que son conseiller Global Sovereign Advisory. Ce silence alimente le débat public, alors que ces révélations posent une question centrale : celle de la transparence dans la gestion de la dette publique.

Si ces pratiques sont confirmées, elles pourraient être assimilées à des engagements hors bilan, souvent qualifiés de dette cachée, avec des implications potentielles sur la crédibilité financière du pays et la confiance des investisseurs.

chevron_left
chevron_right

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Commentaire
Nom
E-mail
Site