Sénégal : les performances saluées par l’ITIE , mais des défis persistants à l’heure du boom extractif

Le Sénégal confirme son statut de bon élève en matière de transparence dans les industries extractives. Selon les dernières évaluations de l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives, le pays affiche un score de 89 sur 100, un niveau qui le place parmi les meilleures performances à l’échelle mondiale. Une reconnaissance qui intervient dans un contexte de montée en puissance du secteur minier, pétrolier et gazier.

Sur le plan économique, les chiffres traduisent une progression significative. En 2024, le secteur extractif a généré environ 455 milliards de FCFA de revenus, soit près de 10 % des recettes publiques. Au premier semestre de la même année, les recettes s’élevaient déjà à 236,59 milliards de FCFA, confirmant une dynamique soutenue.

L’activité reste largement dominée par le secteur minier, qui représente près de 80 % des revenus extractifs, grâce notamment à l’exploitation de l’or, des phosphates et du ciment. Toutefois, les hydrocarbures commencent à peser davantage dans la balance, avec le démarrage de projets majeurs comme Sangomar et GTA, marquant l’entrée du Sénégal dans le cercle des pays producteurs de pétrole et de gaz.

Les retombées économiques locales sont également mises en avant. Les transactions entre les entreprises extractives et les fournisseurs locaux dépassent 1 100 milliards de FCFA, tandis que 92 % des emplois du secteur sont occupés par des Sénégalais. Ces données illustrent une volonté de renforcer le contenu local et de maximiser les bénéfices pour l’économie nationale.

Sur le plan de la gouvernance, l’ITIE souligne des avancées notables. Le Sénégal publie régulièrement ses contrats extractifs, met à disposition des données ouvertes et favorise un dialogue actif entre les différentes parties prenantes. Ces efforts contribuent à renforcer la crédibilité du pays sur la scène internationale, notamment auprès des investisseurs.

Cependant, des insuffisances subsistent. La transparence sur les bénéficiaires effectifs reste partielle, certaines procédures d’attribution de licences manquent de clarté et la redistribution des revenus vers les collectivités locales demeure un point de friction. Par ailleurs, des préoccupations sont soulevées concernant la gestion de certains fonds, notamment ceux dédiés à la réhabilitation environnementale.

Au final, le Sénégal présente un bilan globalement positif, porté par des performances solides et des indicateurs en hausse. Mais à l’heure de l’essor pétrolier et gazier, le véritable défi réside désormais dans la capacité à transformer cette richesse en développement durable, équitable et pleinement transparent.

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