Sénégal : Fonds national d’appui à la presse : entre transparence et nécessité de réformes profondes Félicitations au Ministre et au Directeur de la communication pour l'exercice de transparence et de vérité

Le courage du ministre de la Communication, Alioune Sall, et de son Directeur de la Communication, Habibou Dia, mérite d’être salué pour cet exercice de transparence dans la gestion du Fonds national d’appui à la presse.

Cette démarche a été largement appréciée par les citoyens, en phase avec l’esprit du « Jub, Jubal, Jubanti », qui prône rigueur, équité et reddition des comptes. Contrairement aux années précédentes, où l’aide était souvent critiquée pour son manque d’équité, la volonté affichée aujourd’hui semble aller dans le sens d’une distribution plus juste et plus encadrée.

Une question fondamentale demeure cependant : ceux qui bénéficiaient auparavant de montants jugés exorbitants, pourquoi n’ont-ils pas déposé de dossier en 2026 pour continuer à en bénéficier ?

Une plateforme a pourtant été mise en place pour faciliter les inscriptions, avec même une prolongation des délais afin de donner une chance équitable à toutes les entreprises de presse. Dès lors, ceux qui contestent aujourd’hui le processus semblent, pour beaucoup, conscients de ne pas être en conformité avec les exigences légales et administratives.

On ne peut pas vouloir bénéficier d’un système tout en refusant de se soumettre aux critères qui le régissent. Moralement, cela s’apparente à une forme de contradiction, voire de tricherie.

Si le travail du ministre et de ses collaborateurs est à saluer, il est néanmoins impératif d’aller plus loin en engageant des réformes structurelles pour assainir durablement le secteur. Une partie de la presse sénégalaise contribue aujourd’hui, malheureusement, à ternir l’image des institutions, souvent pour des considérations politiciennes.

Le constat est préoccupant : des employés sans statut clair, sans cotisation à l’IPRES, et parfois victimes d’exploitation. Pire encore, dans certains cas, les aides reçues par des organes de presse ne profitent même pas aux agents qui y travaillent.

Face à cette situation, l’État, la tutelle et les acteurs du secteur doivent prendre leurs responsabilités. Il devient urgent d’exiger la présence de journalistes diplômés et professionnels dans les rédactions.

Une piste de réforme concrète pourrait consister à :

recenser et identifier les journalistes diplômés dans toutes les localités ;

exiger le dépôt physique de leurs dossiers (cartes de presse, diplômes) au niveau des gouvernances, préfectures et services publics ;

instaurer un contrôle rigoureux de la carte de presse dans toutes les activités officielles.

La publication officielle de ces listes permettrait de lutter efficacement contre l’anarchie médiatique.

Il est difficilement compréhensible qu’un journaliste formé dans des écoles reconnues comme le Centre d’Études des Sciences et Techniques de l’Information ou l’Institut Supérieur des Sciences de l’Information et de la Communication, titulaire de diplômes universitaires (Licence, Master), puisse se retrouver marginalisé sur le terrain au profit d’acteurs non formés.

Le moment est venu pour certains patrons de presse de se ressaisir.

Mamadou Camara:776493422

Camou Communication

Journaliste – Communicant

Diplômé en Master (Journalisme et Communication)

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