Fusion des partis politiques ‘ urgence d’assainir l’espace politique sénégalais

La proposition de Madame Mbenda Ndiaye Cissé visant à annuler les récépissés des partis politiques ayant fusionné mérite une attention particulière. Cette mesure, si elle venait à être appliquée, constituerait une étape importante dans l’assainissement du paysage politique sénégalais.

Depuis plusieurs années, le Sénégal fait face à une prolifération de partis politiques. Avec plus de 300 formations officiellement recensées, le pays détient l’un des records les plus élevés en Afrique. Une situation qui soulève de nombreuses interrogations quant à la pertinence et à l’efficacité d’un tel émiettement de l’offre politique.

Lors des consultations électorales, cette multitude de partis engendre souvent des difficultés considérables dans l’organisation des scrutins. Bulletins de vote surchargés, complexité logistique accrue, coûts supplémentaires pour l’État : les conséquences sont nombreuses. À cela s’ajoute le fait que plusieurs leaders de partis demeurent pratiquement inconnus du grand public et ne réapparaissent sur la scène politique qu’à l’approche des échéances électorales.

Il est également nécessaire que les formations politiques soient régulièrement en règle avec les dispositions du ministère de l’Intérieur. La transparence administrative, la présentation de bilans d’activités et la démonstration d’une organisation effective sur le terrain devraient constituer des exigences minimales pour conserver une existence légale.

Force est de constater que de nombreux partis ne disposent ni d’une implantation réelle ni d’une base militante significative. Certaines structures semblent n’exister que sur le papier avant de rejoindre, au moment opportun, des coalitions électorales sans véritable contribution politique ou programmatique. Une telle situation ne favorise ni la crédibilité du système partisan ni le renforcement de la démocratie.

Parmi les pistes de réforme envisageables figure également la révision des conditions de participation aux élections. Le montant de la caution pourrait être réévalué et un seuil minimal de représentativité pourrait être exigé. Les partis qui, de manière répétée, n’atteindraient pas un certain pourcentage des suffrages pourraient voir leur statut réexaminé conformément aux dispositions légales.

La question du financement des partis politiques mérite également d’être posée. Dans de nombreuses formations, le fonctionnement repose essentiellement sur les ressources personnelles du leader, tandis que les militants participent très peu au financement de leur organisation. Une véritable culture de la cotisation militante contribuerait pourtant à renforcer l’autonomie et la responsabilité des partis.

L’objectif de ces réformes ne serait pas de restreindre le pluralisme politique, pilier fondamental de toute démocratie, mais plutôt de favoriser l’émergence de partis crédibles, structurés et représentatifs des aspirations des citoyens.

À travers sa réflexion, Madame Mbenda Ndiaye Cissé apporte une contribution utile à un débat devenu incontournable. Son engagement intellectuel et sa parfaite connaissance du landerneau politique sénégalais méritent d’être salués.

Merci a cette brave dame , intellectuelle  trèsconnue pour ses idées pertinentes

Merci à vous,  Madame Mbenda Ndiaye Cissé

Mamadou Camara

Journaliste – Camou Communication, Kaolack

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