Question : Quel était l’objectif de cette Assemblée générale élargie du Parti socialiste ?
Abdoulaye Wilane :
Cette Assemblée générale des secrétaires généraux de coordination, élargie aux délégations de pouvoir, aux mouvements affiliés et intégrés, devait être un moment structurant, dynamique et même fondateur dans la vie du parti et de son animation.
Depuis la défaite du régime précédent sous l’ère Macky Sall, le Parti socialiste a traversé plusieurs vicissitudes. Celles-ci nous ont amenés à organiser des réunions, des séminaires ainsi que des cadres de réflexion et d’échanges qui ont abouti à des conclusions qu’il fallait vulgariser. Cette démarche devait permettre aux secrétaires généraux de coordination de mieux comprendre ce qui se fait au niveau de la direction du parti et, en retour, d’informer celle-ci des réalités vécues dans les différentes coordinations.
L’objectif était, après ce partage d’informations, d’aboutir à une décision concernant la tenue et la convocation du Bureau politique, seule instance habilitée à convoquer un congrès extraordinaire.
Question : Que s’est-il passé lors de cette rencontre ?
Abdoulaye Wilane :
C’est précisément à ce moment que des suspicions, des états d’âme ou encore des velléités de règlements de comptes personnels ont conduit certains camarades à monter au créneau et à pousser des militants qui n’étaient pas concernés par cette convocation à adopter des comportements regrettables.
Je ne sais même pas comment qualifier ces actes. Ils sont graves et leurs conséquences sont incalculables. Ils corroborent l’idée d’une action factionnelle ou d’une volonté manifeste de torpiller le parti.
Quand le maire du Plateau se permet de déclarer, dans ses explications, qu’au dernier remaniement ministériel sous Macky Sall, la présidente Aminata Mbengue Ndiaye aurait proposé les noms de Gorgui Ciss et de Mamadou Faye pour remplacer Alioune Ndoye et Serigne Mbaye Thiam, cela ressemble davantage à une tentative de justification de leurs actes.
À l’écoute d’Alioune Ndoye, je considère qu’il s’agit d’un règlement de comptes personnel impliquant également Serigne Mbaye Thiam.
Question : Pourquoi défendez-vous particulièrement le jeune responsable Dib Cor Faye ?
Abdoulaye Wilane :
Le fait que Serigne Mbaye Thiam, Débé Dème, Alioune Ndoye et Mamoudou Wane indexent le jeune talent, le bourgeon socialiste, l’espoir national de la jeunesse qu’est le camarade Dib Cor Faye, afin de le mouiller et de trouver des raisons de l’abattre en plein envol, nous amène à nous poser de sérieuses questions.
Au nom du Parti socialiste, je voudrais rendre hommage à toute la jeunesse du parti, mais particulièrement au camarade Dib Cor Faye. Il honore son Sine natal, l’héritage du président Léopold Sédar Senghor avec lequel il partage le royaume d’enfance, ainsi que la mémoire de feu Ousmane Tanor Dieng qui avait très tôt décelé en lui une bonne graine et contribué à façonner son tempérament ainsi que son engagement militant.
Les Jeunesses socialistes constituent le fer de lance de tout parti politique organisé. Elles ont pour mission d’appliquer les directives de la direction du parti. Lorsqu’une rencontre d’une telle envergure est organisée, toutes les forces vives sont mobilisées, notamment pour la sécurité et l’organisation matérielle. C’est exactement ce que faisait Dib Cor Faye.
Question : Pourquoi un important dispositif sécuritaire avait-il été mis en place ?
Abdoulaye Wilane :
Nous avons tiré les enseignements de ce qui s’était passé en mars-avril 2016 lors des tensions opposant certaines tendances du parti. À l’époque, alors que des discussions étaient en cours avec Khalifa Sall et Barthélémy Dias, il fallait mettre en place un dispositif de sécurité intérieure et assurer l’organisation matérielle de l’événement.
Le filtrage devait être effectué à l’entrée afin d’éviter tout débordement imprévisible. D’ailleurs, quarante-huit heures avant la rencontre, Madame la Secrétaire générale avait informé les forces de police pour prévenir toute tentative de sabotage.
Question : Quel message adressez-vous à Alioune Ndoye ?
Abdoulaye Wilane :
Nous savons qu’Alioune Ndoye a tenu une réunion dans son département pour préparer cette confrontation. Nous savons également qu’il a publié un communiqué en réponse à celui de l’Union régionale de Dakar.
En diffusant un communiqué de l’Union départementale de Dakar à l’intention des 138 coordinations, il a démontré un manque de respect envers la notion de camaraderie. Au lieu d’importuner et d’incommoder les responsables des coordinations et des mouvements à cause de soupçons ou d’incompréhensions, il aurait dû venir débattre comme tous les autres secrétaires généraux de coordination.
Je lui demande de se ressaisir. Aujourd’hui, par son attitude, il a fait de nombreux socialistes ses adversaires. S’il avait des responsabilités à faire valoir, il devait privilégier le débat plutôt que la confrontation.
Avec de tels agissements, il lui sera difficile d’être considéré comme un bon compagnon politique. S’il se rend à l’intérieur du pays, les responsables socialistes sauront qu’ils ont été malmenés et menacés. Il doit assumer ses responsabilités et comprendre qu’on récolte toujours ce que l’on sème.
Question : Quelle est la suite pour le Parti socialiste ?
Abdoulaye Wilane :
Autour de la Secrétaire générale Aminata Mbengue Ndiaye, nous estimons que si elle n’avait pas convoqué les 138 coordinations, celles-ci ne se seraient jamais déplacées.
Après les incidents, nous avons invité les autres camarades à poursuivre la séance de travail. Les discussions se sont tenues normalement et ont abouti à plusieurs décisions qui seront bientôt formalisées.
Aujourd’hui, il faut nettoyer les écuries d’Augias au sein du Parti socialiste. Il faut extirper les mauvaises graines, assainir le parti, reprendre en main sa gestion et dérouler un programme devant conduire à un congrès de réformes, à des changements de paradigmes ainsi qu’à une évolution des statuts et du règlement intérieur.
L’objectif est que le Parti socialiste soit prêt pour les élections locales de 2027, les futures législatives et, à terme, l’élection présidentielle. Nous souhaitons disposer d’un candidat socialiste à la présidentielle et de candidats dans chaque commune lors des élections locales. À défaut, nous pourrions envisager une alliance avec les sociaux-démocrates, les forces de gauche ou même soutenir un candidat unique de l’opposition afin d’abréger les souffrances des citoyens sénégalais.
Mamadou Camara
Journaliste – Camou Communication
Kaolack
