Des propos qui seraient attribués à Moustapha Maba Guirassy lors d’une cérémonie de remise de prix au Lycée scientifique d’excellence de Diourbel provoquent une vive polémique dans le milieu éducatif. L’expression “simple enseignante”, utilisée dans un échange avec une élève, est jugée stigmatisante et blessante par de nombreux acteurs de l’école.
Lors d’une cérémonie de distribution de prix en l’honneur d’élèves méritants, une séquence du discours du ministre de l’Éducation nationale a suscité une forte réaction dans l’opinion et parmi les enseignants.
Selon les propos rapportés, le ministre aurait interrogé une élève sur la profession de sa mère. À la réponse indiquant qu’elle est enseignante, il aurait répliqué : « alors simple enseignante ». Une formulation qui, bien que possiblement prononcée dans un échange informel ou pédagogique, est aujourd’hui au cœur d’une vive controverse.
La réaction des enseignants ne s’est pas fait attendre. De nombreux membres de la communauté éducative dénoncent une expression jugée « stigmatisante », « réductrice » et « indigne » venant d’une autorité en charge de l’école. Pour eux, qualifier une enseignante de “simple” revient à minimiser une profession considérée comme fondamentale dans la formation des citoyens, des cadres et des intellectuels du pays.
Les critiques soulignent également l’impact psychologique potentiel d’une telle phrase sur une élève, directement interpellée sur la profession de sa mère. Dans un contexte scolaire, estiment-ils, les mots ont un poids particulier et peuvent influencer la perception que les enfants ont du métier de leurs parents.
Au-delà de la polémique, les enseignants rappellent que l’éducation ne se limite pas à l’apprentissage de la lecture et de l’écriture. Elle inclut également la qualité de la communication, le respect des professions et la valorisation de tous les acteurs du système éducatif. Selon eux, les responsables institutionnels devraient incarner ces valeurs dans leur langage et leurs attitudes publiques.
Face à cette controverse, des voix s’élèvent pour demander au ministre de clarifier ses propos, voire de présenter des excuses publiques aux enseignants, aux parents d’élèves et à l’élève concernée, afin d’apaiser les tensions et de préserver la confiance entre la tutelle et le corps enseignant.
Dans un contexte où le système éducatif fait face à de nombreux défis, cette affaire relance le débat sur la responsabilité des mots dans l’espace public, surtout lorsqu’ils émanent de hauts responsables de l’État.
Mamadou Camara Journaliste
Kaolack

Babacar kebe
Quelle belle et opportune riposte !
abdoulaye ndoye
Quand la parole publique interpelle : entre pertinence journalistique et devoir de retenue
Il convient tout d’abord de saluer la pertinence de l’analyse et le professionnalisme du journaliste de Camou Communication qui a su mettre en lumière une question qui dépasse le simple cadre d’une polémique passagère. Son travail a permis d’ouvrir un débat de fond sur la responsabilité de la parole publique et sur l’impact que certains propos peuvent avoir dans le milieu éducatif.
En revanche, il est difficile de ne pas déplorer la sortie malencontreuse de la personnalité en charge de l’Éducation nationale. En raison de ses hautes fonctions, celle-ci est tenue à une obligation particulière de réserve, de mesure et d’exemplarité. Les mots prononcés par un responsable de ce rang ne sont jamais anodins, car ils portent l’autorité de l’institution qu’il représente et influencent l’opinion publique.
Même lorsque l’intention n’est pas de blesser ou de discréditer, certaines formulations peuvent être perçues comme dévalorisantes pour des familles, des professions ou des catégories sociales. Dans un secteur aussi sensible que l’éducation, où l’on enseigne quotidiennement le respect de la dignité humaine, l’égalité des chances et la considération due à chaque citoyen, la vigilance dans le choix des mots devrait constituer une exigence permanente.
Cette situation rappelle que l’exemplarité attendue des responsables publics ne se mesure pas seulement à leurs décisions, mais également à leur manière de s’exprimer. Les enseignants, les élèves et les parents sont en droit d’attendre des autorités éducatives un discours rassembleur, respectueux et conforme aux valeurs que l’école a pour mission de transmettre.
Au-delà de la controverse, l’essentiel demeure la préservation d’un climat de confiance entre les acteurs du système éducatif et leur tutelle. Une clarification des propos tenus contribuerait certainement à apaiser les tensions et à recentrer le débat sur les véritables enjeux de l’éducation sénégalaise.
Abdoulaye Ndoye
Secrétaire général du SADEF Kaolack
Membre du Conseil consultatif national du Travail et de la Sécurité sociale
Abdou Diallo
Tout simplement monsieur le ministre de l’éducation ne mérite plus de diriger ce ministère.Comment peut on gérer des individus dont on minimise leur fonction.Vraiment il manque du respect aux enseignants et même à la fonction.