Aujourd’hui, certains militants de l’APR dénoncent avec vigueur les attaques d’Abdou Nguer contre leur leader, Macky Sall. Pourtant, ces mêmes militants applaudissaient ou justifiaient souvent ses propos virulents lorsqu’ils visaient l’opposant Ousmane Sonko, devenu aujourd’hui la deuxième personnalité de l’État.
Cette différence de réaction traduit une indignation sélective. Or, un principe ne peut être crédible que s’il s’applique à tous, sans distinction de camp politique. La cohérence exige de condamner les insultes, les invectives et les attaques personnelles, quelle que soit la personne qui en est la cible.
Au-delà des acteurs politiques, certains médias portent également une part de responsabilité. En offrant régulièrement leurs plateaux à des chroniqueurs ou à des responsables politiques qui tiennent des propos injurieux, diffamatoires ou irrespectueux, ils contribuent à banaliser la violence verbale dans le débat public.
Un média responsable devrait promouvoir des échanges fondés sur les arguments, les faits et le respect mutuel, plutôt que de servir de tribune à des discours de haine ou à des attaques personnelles. Les insultes et les propos outranciers doivent être dénoncés avec la même fermeté, quel que soit le camp politique concerné, afin de préserver un débat public digne, apaisé et respectueux.
Il est également regrettable que certaines personnes se proclament du jour au lendemain chroniqueurs ou opposants à un leader politique et bénéficient d’un temps d’antenne sur certaines radios ou chaînes de télévision pour s’acharner contre des personnalités de l’État, notamment Ousmane Sonko, en privilégiant les attaques personnelles plutôt que le débat sur leurs idées, leurs programmes ou leurs actions.
Dans une démocratie, la critique est non seulement légitime, mais indispensable. Toutefois, elle doit demeurer respectueuse, s’appuyer sur des faits vérifiables et s’exercer avec la même exigence envers tous les responsables publics, sans parti pris ni considération d’appartenance politique.
Le débat démocratique ne sort jamais grandi des insultes. Ce sont les idées, les arguments et le respect des principes qui renforcent les institutions et consolident la démocratie.
El Mbacké Diop Sassoum
Photojournaliste, écrivain et historien
T’aar Magazine
Chevalier de l’Ordre national du Mérite
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Dakar, le 25 juin 2026.
