La célèbre déclaration du défunt président guinéen Ahmed Sékou Touré reste, plusieurs décennies après son accession à l’indépendance, une référence majeure dans les débats sur la souveraineté africaine : « Nous préférons la liberté dans la pauvreté à la richesse dans l’esclavage. »
Au-delà de sa portée historique, cette phrase continue d’inspirer une partie des élites africaines qui considèrent que la véritable indépendance ne se mesure ni à la richesse matérielle ni aux privilèges accordés par des puissances étrangères, mais à la capacité d’un peuple à décider librement de son destin.
L’histoire enseigne que, dans toutes les sociétés, certains choisissent de préserver leurs intérêts personnels, quitte à accepter des formes de dépendance ou de domination. D’autres, au contraire, préfèrent le sacrifice, la résistance et la défense de leur dignité. C’est cette seconde voie qui a façonné les grandes pages de l’histoire africaine.
Le continent porte encore l’héritage de femmes et d’hommes qui ont combattu pour préserver leur liberté, leur culture et leur identité. Des royaumes précoloniaux aux luttes pour les indépendances, des générations de résistants ont refusé de renoncer à leur souveraineté. Leur courage demeure un patrimoine moral qui interpelle les Africains d’aujourd’hui.
Il ne faut pas oublier non plus que des milliers d’Africains ont combattu aux côtés des puissances alliées durant la Première Guerre mondiale et la Seconde Guerre mondiale. Beaucoup ont versé leur sang sur des champs de bataille éloignés de leur terre natale, dans l’espoir d’un monde plus juste. Pourtant, après ces sacrifices, les aspirations à une pleine reconnaissance et à l’autodétermination sont restées au cœur des revendications de nombreux peuples africains.
Aujourd’hui, le panafricanisme demeure, pour beaucoup, un idéal visant à renforcer la coopération entre les États africains, à promouvoir leur développement et à défendre leurs intérêts communs dans le respect de la souveraineté de chacun.
Le sursaut de l’homme noir ne peut cependant reposer uniquement sur des discours. Il exige des dirigeants intègres, des institutions solides, une jeunesse instruite, une économie productive et des citoyens engagés. La souveraineté ne se proclame pas seulement ; elle se construit par le travail, la bonne gouvernance, la justice et la responsabilité collective.
L’Afrique a besoin de porteurs de vision, capables de défendre ses intérêts avec courage, sans céder aux facilités ni aux calculs à court terme. Les défis sont immenses, mais les ressources humaines et les potentialités du continent le sont tout autant.
Le véritable combat de notre génération est de faire en sorte que la dignité, la liberté et le développement avancent ensemble. Car une Afrique souveraine est avant tout une Afrique qui croit en elle-même, valorise son histoire et prépare son avenir avec confiance.
Mamadou Camara, Journaliste
Camou Communication – Kaolack
