À Kaolack, les opérations d’audit des agents de la fonction publique suscitent une vive polémique. Alors que les enseignants sont entièrement mobilisés pour assurer la surveillance des épreuves écrites du baccalauréat, ils sont simultanément appelés à satisfaire aux exigences administratives liées aux audits. Une situation qui révèle un sérieux problème de planification.
Ce matin, les locaux de l’Inspection de l’Éducation et de la Formation (IEF) de Kaolack, au centre-ville, étaient bondés. Des enseignants, profitant de la pause entre les épreuves du matin et celles de l’après-midi, se sont précipités pour se faire auditer avant de regagner leurs centres d’examen.
Cette situation met en évidence un véritable problème de calendrier. Les présidents de jury sont connus pour leur rigueur et n’acceptent aucun retard des surveillants. Pourtant, certains enseignants doivent parcourir plusieurs kilomètres entre leur centre d’examen et le lieu d’audit, dans des conditions particulièrement éprouvantes. À cela s’ajoutent de longues files d’attente, des bousculades et, selon plusieurs témoignages, un manque de respect de l’ordre de passage.
Une enseignante témoigne : « Le président de jury m’a clairement dit que si un surveillant n’était pas présent à 14 h 30, il ne tolérerait aucun retard. » Une pression supplémentaire qui s’ajoute à la responsabilité déjà lourde de garantir le bon déroulement des examens nationaux.
Sous une chaleur accablante, des dizaines d’enseignants attendent pendant plusieurs heures avant d’être reçus. « Ces audits sont très mal organisés », confie un enseignant ayant requis l’anonymat. Selon lui, les locaux de l’IEF sont beaucoup trop exigus pour accueillir un tel afflux de personnels. Plusieurs enseignants estiment qu’il aurait été plus judicieux de délocaliser une partie des opérations d’audit vers un autre site, notamment au CEM Jim Momar Guèye, afin de fluidifier les opérations et d’éviter les attroupements.
Cette absence de coordination entre les différents ministères concernés interroge. Comment demander aux enseignants de clôturer l’année scolaire, remettre les bulletins aux parents, assurer la surveillance du baccalauréat, se soumettre aux audits administratifs, puis enchaîner quelques jours plus tard avec la surveillance du BFEM, le tout dans un délai aussi restreint ?
Pourtant, des réunions préparatoires auraient été organisées entre les autorités et les organisations syndicales. Une question demeure : l’information a-t-elle été suffisamment relayée auprès des enseignants ? Les contraintes du calendrier ont-elles été réellement prises en compte ?
L’audit des agents de l’État est un exercice légitime, nécessaire pour garantir une gestion rigoureuse des ressources humaines de l’administration publique. Cependant, sa réussite dépend aussi d’une planification intelligente et d’une meilleure coordination entre les différentes administrations.
Le ministère de la Fonction publique a déployé ses équipes sur le terrain pour conduire ces opérations. Mais celles-ci risquent de perdre en efficacité si elles ne tiennent pas davantage compte des réalités du calendrier scolaire.
À Kaolack, ces audits ont provoqué de vives frustrations et une profonde colère dans le milieu enseignant. Beaucoup dénoncent un manque d’anticipation, une organisation défaillante et des conditions d’accueil inadaptées. Pour nombre d’entre eux, il est indispensable que les prochaines campagnes soient mieux préparées afin d’éviter que les impératifs administratifs ne viennent perturber le bon déroulement des examens nationaux.
Par Mamadou Camara
Journaliste – Camou Communication
Kaolack
