Navétanes à Kaolack : preserver l’esprit du football populaire

Les Navétanes ont toujours été un moment de divertissement, de fraternité et d’épanouissement de la jeunesse durant les vacances. À Kaolack, ils constituent un rendez-vous sportif très attendu qui rassemble chaque année des milliers de supporters.

Cependant, plusieurs spectateurs s’interrogent aujourd’hui sur le coût de l’accès aux rencontres, notamment lors des finales zonales et des phases régionales disputées au stade Lamine Guèye.

Pour de nombreux enfants, élèves, étudiants et jeunes sans emploi, le prix des billets peut représenter un frein. Certains regrettent de ne pas pouvoir assister aux matchs de leur ASC de quartier, alors que les Navétanes ont toujours été perçus comme un événement populaire et accessible au plus grand nombre.

À cela s’ajoute la question du stationnement des motos. La mise en place d’un espace sécurisé est saluée par certains usagers, tandis que d’autres estiment qu’une réflexion pourrait être menée sur les modalités de son fonctionnement et sur son coût, afin de concilier sécurité et accessibilité.

Au-delà de ces préoccupations, les Navétanes ne devraient pas perdre leur vocation première : offrir aux jeunes un cadre de loisirs, de cohésion sociale et de promotion du sport.

Il convient également de saluer les nombreuses innovations impulsées par le président de l’ONCAV, Amadou Kane. À travers l’Université d’été, qui mobilise des personnes ressources de différents horizons, ainsi que plusieurs initiatives citoyennes, il a contribué à renforcer la dimension éducative et civique du mouvement navétane.

Dans certaines structures déconcentrées, les activités semblent aujourd’hui être davantage centrées sur la compétition sportive. Pourtant, les Navétanes étaient aussi marqués par des activités culturelles, des pièces de théâtre de sensibilisation et des campagnes portant sur la citoyenneté, la préservation des valeurs, le civisme et d’autres enjeux d’intérêt communautaire.

Face aux défis actuels, tels que les changements climatiques, les inondations, l’insécurité dans certains quartiers ou encore la déperdition scolaire, les ASC pourraient continuer à jouer un rôle important dans la sensibilisation et l’encadrement de la jeunesse.

Par ailleurs, les ASC consentent d’importants efforts financiers pour préparer les compétitions. Les cotisations des membres, les contributions des dirigeants et le soutien de bonnes volontés permettent de faire vivre les équipes. Malgré cet engagement, les dépenses restent souvent élevées.

Ces constats invitent à une réflexion collective sur l’avenir du mouvement navétane afin de préserver son esprit originel : un football populaire, accessible à tous, porteur de valeurs citoyennes et au service du développement communautaire.

Mamadou Camara

Journaliste – Camou Communication

Kaolack

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