Le rideau est tombé sur l’aventure de Pape Thiaw à la tête des Lions. En mettant fin à sa mission ainsi qu’à celle de son staff, la Fédération sénégalaise de football a pris une décision forte. Mais au-delà de ce limogeage, une interrogation domine le débat national : le sélectionneur est-il le seul responsable de cet échec ou n’est-il que le premier à payer les conséquences d’un système défaillant ?
Les critiques visant les performances de l’équipe nationale ont été nombreuses et la déception des Sénégalais est immense. Pourtant, plusieurs observateurs estiment qu’il serait réducteur de concentrer toutes les responsabilités sur le seul encadrement technique.
Le journaliste sportif Thierno Dramé rappelle notamment que Pape Thiaw a dirigé la sélection dans un contexte marqué par de nombreuses incertitudes, notamment sur le plan administratif. De son côté, Mbaye Jacques Diop estime que la crise dépasse largement les résultats obtenus sur le terrain et met en cause une gouvernance qui montre aujourd’hui ses limites.
Pour beaucoup, le départ du sélectionneur ressemble davantage à un sacrifice destiné à calmer la colère populaire qu’à une véritable remise en question du fonctionnement du football sénégalais.
Si l’objectif était de provoquer un électrochoc, celui-ci ne produira des effets que si toutes les responsabilités sont examinées avec la même exigence. Les dysfonctionnements évoqués concernent aussi bien la préparation de l’équipe que les choix stratégiques, l’organisation et la gestion institutionnelle.
Une certitude s’impose désormais : la page Pape Thiaw est tournée, mais le débat, lui, ne fait que commencer.
Les Sénégalais attendent des réponses claires. Ils veulent connaître les raisons profondes de cet échec et savoir quelles mesures seront prises pour éviter qu’il ne se reproduise.
Madame la ministre des Sports, l’opinion publique attend votre réaction, mais surtout un bilan complet et transparent de cette campagne.
Car si une tête est tombée, nombreux sont ceux qui estiment que les responsabilités ne s’arrêtent pas au banc de touche.
Mamadou Camara, journaliste
Camou Communication
Kaolack
