Kaolack : polémique autour de 150 millions FCFA garantis par le FONGIP, les femmes des GIE des 14 communes du département de Kaolack réclament des explications et parlent de trahison

 Kaolack – Une vive polémique entoure le financement de 150 millions FCFA, garanti par le Fonds de Garantie des Investissements Prioritaires (FONGIP) dans le cadre d’un partenariat avec PAMECAS au profit de 14 GIE représentant les 14 communes du département de Kaolack. Six mois après la remise symbolique d’un chèque, plusieurs présidentes de GIE affirment n’avoir toujours pas bénéficié du financement annoncé et dénoncent un manque de transparence dans la mise en œuvre de l’opération.

 

Selon Mme Adama Dia, présidente du GIE And Suxali Jiguen des Parcelles Assainies de Kaolack, les 14 GIE avaient été conviés à la cérémonie organisée le 6 février 2026 à Dialègne, présidée par Mme Ndeye Fatou Mbodji. À cette occasion, il leur avait été annoncé qu’un financement de 10 millions FCFA par GIE, soit un total de 150 millions FCFA, serait rendu possible grâce à la garantie du FONGIP.

 

À la suite de cette cérémonie, les responsables des groupements ont été orientés vers PAMECAS afin d’accomplir les formalités administratives. Chaque GIE était représenté par sa présidente, sa trésorière et sa secrétaire. Elles indiquent avoir ouvert des comptes bancaires, constitué les dossiers et versé les cautions demandées dans le cadre de la procédure.

 

Toutefois, selon Mme Adama Dia, le 26 mai 2026, seules les structures de Kahone et des Parcelles Assainies de Kaolack ont été rappelées pour poursuivre la procédure. Elles disent avoir découvert que le montant proposé n’était plus de 10 millions FCFA, mais de 2,5 millions FCFA par GIE.

 

Les bénéficiaires concernées affirment avoir signé des documents dans la précipitation, sans disposer du temps nécessaire pour en prendre connaissance. Elles déclarent avoir ensuite constaté plusieurs retenues avant le décaissement : 302 000 FCFA, 270 000 FCFA, 65 000 FCFA de frais de dossier et 2 500 FCFA pour le vigile, soit un total de 639 500 FCFA. Selon leurs calculs, le montant effectivement disponible serait d’environ 1 860 500 FCFA.

 

Elles ajoutent qu’il leur est demandé de rembourser 270 000 FCFA par mois pendant dix mois, soit 2,7 millions FCFA au total pour un financement de 2,5 millions FCFA. Elles demandent des explications sur les modalités de calcul de ces remboursements ainsi que sur les différents frais appliqués.

 

Les responsables rappellent également qu’au départ, il leur avait été expliqué qu’une caution représentant 10 % du financement, soit 1 million FCFA pour un prêt de 10 millions FCFA, serait exigée.

 

Par ailleurs, elles indiquent que des enquêtes de terrain devaient être menées entre février et mai 2026 auprès des GIE concernés. Selon elles, seules deux structures ont finalement bénéficié d’un décaissement, tandis que les autres restent toujours dans l’attente.

 

Face à cette situation, les représentantes des GIE dénoncent une promesse non tenue et une absence de communication. Elles demandent au FONGIP de préciser officiellement le statut de cette opération, de communiquer sur le processus de garantie et de financement, et d’apporter toutes les clarifications nécessaires. Elles interpellent les autorités administratives et étatiques afin que toute la lumière soit faite sur ce dossier.

 

Selon Fatou Sy, il serait désormais opportun de réunir le FONGIP, PAMECAS et les représentants des 14 GIE afin d’expliquer les engagements de chaque partenaire, les conditions du financement et les raisons pour lesquelles les montants annoncés ne correspondent pas, selon les bénéficiaires, aux sommes effectivement proposées.

Mamadou CamaraJournaliste – Camou Communication, Kaolack

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