FSF : quand les privilèges prennent le pas sur l’intérêt général

Le président de la Fédération sénégalaise de football a déclaré : « J’ai voyagé avec ma femme et mes deux enfants par vol spécial. »

De tels propos interrogent. Ce type de comportement semble malheureusement s’être installé depuis plusieurs compétitions officielles.

Au lieu d’accorder des privilèges à des épouses, des enfants, des amis ou des proches qui n’ont aucun rôle dans le football, il aurait été plus juste de penser aux anciennes gloires, aux anciens entraîneurs, aux dirigeants et aux acteurs qui ont consacré leur vie au développement du football sénégalais. Beaucoup d’entre eux sont laissés en marge.

Une compétition internationale de haut niveau n’est pas une occasion de faire du tourisme en famille. Dans de nombreux pays, une telle situation susciterait un véritable débat public. Chez nous, certains semblent considérer que les Sénégalais accepteront tout. Cette attitude traduit un « je-m’en-foutisme » qui atteint aujourd’hui son paroxysme.

Cette affaire ne doit pas être passée sous silence. Il est indispensable de dresser un bilan complet de cette campagne et de procéder à des audits afin d’établir les responsabilités. Mais cela exige une réelle volonté politique.

Le football sénégalais traverse une période difficile et a besoin de réformes profondes pour retrouver son prestige. Les intérêts personnels ne doivent jamais primer sur l’intérêt général. Les épouses et les enfants ne peuvent être prioritaires au détriment d’anciens entraîneurs, dirigeants ou footballeurs qui ont marqué l’histoire de notre sport.

Le tourisme footballistique ne peut cohabiter avec l’ambition de conquérir des trophées.

Madame la Ministre, il est temps de situer les responsabilités et de prendre les décisions qui s’imposent.

L’histoire nous rappelle que certains États ont choisi de répondre avec fermeté aux contre-performances ou aux manquements disciplinaires de leurs équipes nationales. En Côte d’Ivoire, sous le régime du général Robert Guéï, des mesures disciplinaires avaient été prises à l’encontre de joueurs et de dirigeants après un échec sportif. Sans nécessairement reproduire ce type de sanctions, cet exemple rappelle qu’une culture de responsabilité et de discipline est indispensable dans la gestion du sport.

Aujourd’hui, le football sénégalais a surtout besoin de transparence, de rigueur, de bonne gouvernance et d’une volonté politique forte pour corriger ses dysfonctionnements et lui permettre de retrouver toute sa grandeur.

Mamadou Camara

Journaliste

Camou Communication

Kaolack

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