Le Sénégal pourrait prochainement confier à la banque d’affaires Lazard un rôle de conseiller financier sur sa dette souveraine, selon plusieurs sources citées par Bloomberg et Reuters. Si cette information alimente les spéculations sur une éventuelle restructuration de la dette, le mandat exact de Lazard n’a pas encore été précisé.
Réputée pour son expertise dans la restructuration des dettes souveraines, Lazard a notamment accompagné des pays comme la Zambie, le Ghana, le Tchad et le Mozambique. Son intervention ne signifie toutefois pas qu’une restructuration est déjà décidée. Le cabinet Global Sovereign Advisory, qui conseille déjà le Sénégal, devrait continuer sa mission, tandis que les rôles respectifs des deux cabinets restent à définir.
Le contexte financier demeure tendu. Après la réévaluation de la dette publique à plus de 130 % du PIB, le FMI a suspendu son programme de financement de 1,8 milliard de dollars, tandis que les agences de notation S&P et Moody’s ont abaissé la note souveraine du pays. Les obligations sénégalaises restent également sous pression sur les marchés.
Face à un accès plus difficile aux financements internationaux, le Sénégal s’appuie davantage sur le marché régional de l’UEMOA, où les levées de fonds à long terme deviennent également plus complexes. Le budget 2026 prévoit 5 490 milliards de FCFA pour le service de la dette, incluant les intérêts et le remboursement du principal.
Sur le plan politique, aucune décision officielle n’a été annoncée concernant une restructuration. Les autorités sénégalaises poursuivent actuellement des discussions techniques avec le FMI à Washington afin d’évaluer les perspectives macroéconomiques du pays.
Source : Agence Ecofin
