L’interpellation et le placement en garde à vue de trois partisans de PASTEF très actifs sur les réseaux sociaux doivent servir de signal d’alarme. Au-delà de ces cas particuliers, c’est toute la stratégie de communication politique à l’ère du numérique qui mérite une profonde réflexion.
Depuis plusieurs années, le président du PASTEF, Ousmane Sonko, n’a cessé de mettre en garde ses militants et sympathisants contre les provocations, les excès de langage et les dérives sur les réseaux sociaux. Malgré ces appels répétés à la retenue, certains influenceurs et créateurs de contenus continuent de franchir la ligne rouge, exposant non seulement leur propre responsabilité, mais aussi l’image du parti.
Les principaux responsables de PASTEF, notamment Ayib Daffé, Bassirou Kébé, Amadou Ba et Birame Soulèye Diop, gagneraient à renforcer l’encadrement de cette communication numérique. Sans remettre en cause la liberté d’expression des militants, un rappel à l’ordre s’impose afin que les interventions sur les plateformes numériques respectent les principes de responsabilité, de prudence et de discipline.
Aucune formation politique ne peut contrôler chacun de ses sympathisants. Toutefois, lorsqu’un militant choisit de communiquer au nom d’un parti ou de défendre publiquement ses positions, il doit mesurer la portée juridique et politique de chacun de ses propos.
Les interpellations répétées de certains influenceurs révèlent également une autre réalité : beaucoup s’improvisent communicants sans disposer des connaissances, de la formation ou de l’expérience nécessaires. La communication politique est un métier exigeant. Elle requiert une parfaite maîtrise des règles juridiques, de l’éthique, de la stratégie et de la responsabilité.
Autrefois, il était relativement rare de voir des professionnels des médias traduits en justice pour des publications relevant de leur activité. Aujourd’hui, de nombreux créateurs de contenus ou influenceurs se retrouvent régulièrement convoqués par les services d’enquête ou placés sous mandat, souvent par méconnaissance des limites fixées par la loi.
Ce constat ne concerne d’ailleurs pas uniquement PASTEF. La plupart des partis politiques, mais aussi certaines personnalités publiques et responsables d’institutions, s’appuient désormais sur des influenceurs et des tiktokeurs pour assurer leur visibilité. Pourtant, la communication politique ne doit jamais être réduite à une simple course au buzz ou aux vues.
L’heure est venue pour les formations politiques, les personnalités publiques et les institutions de privilégier le professionnalisme plutôt que l’amateurisme. La crédibilité d’une organisation se construit autant par ses actes que par la qualité de sa communication.
L’alerte est lancée : à l’heure où les réseaux sociaux influencent fortement le débat public, communiquer exige autant de responsabilité que de compétence.
Mamadou Camara Journaliste
Camou Communication
Kaolack
