Omar Sow :  » l’APR a accueilli des transhumants, mais n’ a jamais bâti sa majorité sur la transhumance »

Le membre de l’Alliance pour la République (APR), Oumar Sow, a apporté des précisions sur la position de son parti concernant la transhumance politique, dans un contexte marqué par les nombreuses adhésions d’élus au nouveau parti présidentiel Kiiray. Réagissant aux critiques visant l’ancien parti au pouvoir, il a reconnu que l’APR avait, au fil des années, accueilli des responsables politiques issus d’autres formations. Toutefois, il a fermement rejeté toute comparaison avec la situation actuelle.

« L’APR a accueilli des transhumants, mais elle n’a jamais bâti sa majorité sur la transhumance », a déclaré Oumar Sow, estimant qu’il existe une différence fondamentale entre intégrer ponctuellement des personnalités politiques et faire du ralliement massif d’élus un levier central de consolidation du pouvoir.

Selon lui, l’APR a d’abord construit sa légitimité sur les urnes, grâce à une implantation nationale, une organisation structurée et un soutien populaire acquis lors des différentes échéances électorales. Les ralliements enregistrés au fil du temps, soutient-il, sont intervenus après ces victoires et n’ont jamais constitué le socle de la majorité présidentielle.

Oumar Sow considère que la dynamique observée aujourd’hui est d’une autre nature. À ses yeux, les départs de maires, de présidents de conseils départementaux et d’autres responsables locaux vers Kiiray soulèvent un débat démocratique majeur. Il estime que ces élus ont été choisis par les citoyens sous une bannière politique précise et qu’un changement d’appartenance en cours de mandat pose la question du respect de la volonté populaire.

Cette sortie intervient alors que l’APR multiplie les prises de position contre ce qu’elle qualifie de « débauchage politique ». Le parti appelle à une réforme du statut des élus afin que tout responsable quittant la formation politique sous laquelle il a été élu perde automatiquement son mandat. Une mesure que les responsables de l’opposition jugent nécessaire pour lutter contre le nomadisme politique et renforcer la crédibilité des institutions.

Le débat sur la transhumance politique continue ainsi d’animer la scène politique sénégalaise. Si certains y voient l’expression de la liberté d’engagement des élus, d’autres considèrent qu’elle affaiblit la confiance des électeurs et dénature le choix exprimé dans les urnes.

À travers cette déclaration, Oumar Sow cherche à distinguer le bilan de l’APR des pratiques qu’il reproche aujourd’hui au pouvoir, tout en relançant le débat sur la nécessité d’encadrer juridiquement les changements d’appartenance politique des élus en cours de mandat.

 

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