Le dossier du programme « Un étudiant, un ordinateur » refait surface. L’Assemblée nationale a rouvert les investigations portant sur les marchés attribués en 2017 dans le cadre de cette initiative destinée à équiper les étudiants en matériel informatique. Cette nouvelle étape s’inscrit dans la dynamique d’audits et de vérifications engagée par les autorités sur la gestion des marchés publics.
Au cœur de ce dossier figure Abdoulaye Thiam, dirigeant de Computer Land, entreprise qui faisait partie du consortium retenu à l’époque. Celui-ci comprenait également DBM Maroc, chargé de la fabrication et de l’assemblage des ordinateurs. Pour sa part, Computer Land assurait l’importation, la distribution des équipements dans les universités ainsi que le service après-vente. Chaque phase du programme représentait un investissement estimé à près de 1,5 milliard de FCFA, avec un objectif d’environ 20 000 ordinateurs destinés aux étudiants.
Au fil de son exécution, le programme a été marqué par plusieurs difficultés. De nombreux bénéficiaires avaient signalé des retards dans les livraisons ainsi que des performances techniques jugées insuffisantes pour répondre aux exigences des études supérieures. Ces dysfonctionnements avaient alimenté les critiques sur les conditions d’exécution du marché.
Depuis l’arrivée des nouvelles autorités, le dispositif a été revu. Selon le ministre de l’Enseignement supérieur, près de 20 000 ordinateurs non distribués étaient encore entreposés au Port autonome de Dakar. Le gouvernement a ainsi décidé d’abandonner le système de distribution directe et de le remplacer par une allocation de 250 000 FCFA accordée aux étudiants éligibles afin qu’ils puissent acquérir eux-mêmes l’ordinateur de leur choix.
Dans ce contexte, les contrats conclus en 2017 font l’objet d’un nouvel examen. Les investigations visent à analyser les conditions d’attribution et d’exécution des marchés, à évaluer la gestion des ressources publiques mobilisées et, le cas échéant, à établir les responsabilités des différents acteurs concernés.
Les enquêtes se poursuivent et les conclusions des organes compétents sont attendues pour éclairer ce dossier emblématique du programme « Un étudiant, un ordinateur ».
