Les archives sont souvent le meilleur moyen de rétablir les faits et de confronter les déclarations politiques à la réalité.
En témoigne le cas de Souleymane Ndéné Ndiaye, ancien Premier ministre d’Abdoulaye Wade. Dans une vidéo qui circule sur le Web, l’ancien chef du gouvernement explique publiquement avoir bénéficié de fonds politiques lorsqu’il était directeur de cabinet du président Wade, puis lorsqu’il occupait les fonctions de Premier ministre.
Ces déclarations viennent donc interroger certaines affirmations récentes d’Aly Ngouille Ndiaye sur la question des fonds politiques, notamment lorsqu’elles semblent mettre en cause le président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko.
Je ne sais pas si des manœuvres politiques visant Sonko sont actuellement à l’œuvre autour de cette question. Mais une chose est certaine : ce débat mérite mieux que des affirmations non étayées et des amalgames.
Ceux qui ont eu à gérer les affaires publiques sous les précédents régimes doivent accepter que leurs propres déclarations, leurs responsabilités et les archives soient aujourd’hui examinées à la lumière des faits. Il est donc difficile de vouloir présenter Ousmane Sonko comme faisant partie du même système ou comme étant comparable à ceux auxquels des accusations de détournements de deniers publics sont adressées.
Quant à Aly Ngouille Ndiaye, son passé de ministre de l’Intérieur sous Macky Sall lui confère une connaissance certaine du fonctionnement de l’État et de ses mécanismes. À ce titre, ses prises de position sur les fonds politiques méritent d’être confrontées aux archives et aux témoignages des anciens responsables.
Au lieu de laisser prospérer les amalgames, il faut revenir aux faits, aux documents et aux déclarations publiques. Les Sénégalais ont besoin de vérité, de transparence et d’un débat politique débarrassé des manipulations et des procès d’intention.
