Depuis quelques jours, les structures sanitaires de Kaolack font face à une forte affluence de patients. Postes de santé, centres de santé et hôpital régional sont particulièrement sollicités, dans un contexte marqué par la recrudescence des cas de paludisme.
Dans plusieurs quartiers, de nombreux malades sont alités et certains reçoivent des perfusions, communément appelées « ndiambane » par les populations. Cette situation traduit une inquiétude grandissante au sein des familles, particulièrement en cette période d’hivernage.
Au-delà de la situation sanitaire immédiate, c’est toute la question de l’environnement et de l’assainissement qui mérite une attention particulière.
À travers plusieurs rues de la ville, des eaux stagnantes, parfois mêlées à des eaux usées provenant des fosses septiques, constituent un problème de santé publique. Ces eaux stagnantes peuvent devenir des lieux favorables à la prolifération des moustiques, notamment ceux responsables de la transmission du paludisme.
Des efforts sont certes entrepris par les autorités et les services compétents pour améliorer la situation, notamment à travers des opérations visant à fermer certains caniveaux à ciel ouvert, à procéder au curage et au désensablement. Mais les besoins restent importants.
L’assainissement : une responsabilité qui dépasse la seule municipalité
La problématique de l’assainissement à Kaolack est complexe et dépasse largement les seules capacités d’une collectivité territoriale.
La municipalité ne peut, à elle seule, faire face à l’ensemble des besoins liés au traitement des eaux stagnantes, à la fermeture des caniveaux à ciel ouvert, au curage des réseaux et au désensablement.
D’où la nécessité d’un accompagnement renforcé de l’État et des services compétents afin de permettre aux collectivités territoriales de disposer des moyens techniques et financiers nécessaires pour répondre durablement à cette problématique.
Chaque hivernage, la même préoccupation revient : des enfants, des femmes et des hommes sont exposés à diverses maladies favorisées par un environnement dégradé.
L’urgence est donc de renforcer la prévention, l’assainissement et la lutte contre les eaux stagnantes, parallèlement à la prise en charge des malades dans les structures sanitaires.
Kaolack a besoin d’une réponse collective, durable et coordonnée. La santé publique ne doit pas seulement être abordée lorsque les centres de santé sont débordés : elle commence aussi dans les quartiers, dans les rues et dans l’environnement immédiat des populations.
Mamadou Camara – Journaliste
Camou Communication
Kaolack
