RN1KAOLACK-MBOUR : LE PETIT COMMERCE PAIE LE PRIX FORT DE L’AUTOROUTE

L’ouverture du tronçon autoroutier Thiadiaye-Kaolack, avec ses avantages indéniables en matière de mobilité et de fluidité du trafic, produit également des effets difficiles pour une partie des acteurs de l’économie locale. Sur l’axe Kaolack-Mbour, notamment le long de la RN1, vendeuses, pompistes et restauratrices vivent aujourd’hui une situation particulièrement préoccupante.

Pendant des années, les abords de la RN1 constituaient de véritables espaces d’échanges. Les automobilistes qui empruntaient cet axe s’arrêtaient régulièrement pour acheter quelques produits locaux ou se restaurer. Oseille rouge, pains de singe, melons, jujubes, arachides et autres produits du terroir étaient proposés aux voyageurs de passage.

Mais depuis l’ouverture de l’autoroute, le paysage économique a profondément changé.

La RN1 est devenue beaucoup plus calme sur cet axe. Le passage des véhicules s’est considérablement réduit et, avec lui, la clientèle des petits commerçants installés au bord de la route. Les vendeuses observent désormais, impuissantes, les véhicules qui passent moins nombreux devant leurs étals.

Pour ces femmes, chaque journée ressemble à une longue attente. Elles installent leurs marchandises, espèrent quelques clients, mais repartent parfois avec une grande partie de leurs produits invendus. Une situation qui entraîne un manque à gagner important et fragilise des activités qui permettaient à de nombreuses familles de subvenir à leurs besoins.

Les pompistes ne sont pas épargnés. La diminution du trafic sur la RN1 se ressent également dans les stations-service. Même constat chez les restauratrices et les gérantes de petits points de restauration qui comptaient sur les voyageurs pour faire fonctionner leurs établissements.

Le petit commerce, autrefois rythmé par le passage incessant des automobilistes, avance aujourd’hui « à pas de caméléon ».

À ce rythme, certains acteurs économiques pourraient être contraints de plier bagages, faute de clientèle suffisante. Derrière cette réalité se pose donc une question essentielle : comment accompagner les petits commerces et les activités implantées le long des anciens axes routiers lorsque de nouvelles infrastructures de transport détournent une grande partie du trafic ?

L’autoroute constitue une avancée majeure pour le Sénégal et facilite considérablement les déplacements entre les différentes localités. Mais son ouverture révèle aussi un autre visage : celui des petits acteurs économiques qui vivaient directement du trafic routier.

Sur la RN1, entre Kaolack et Mbour, les étals sont toujours là, les vendeuses aussi. Mais les clients se font rares.

Pour ces vendeurs de cacahuètes, de fruits, de produits locaux et pour toutes ces petites activités qui dépendent du passage des voyageurs, l’heure est désormais à l’inquiétude. Leur souhait n’est certainement pas de remettre en cause les progrès réalisés dans le domaine des infrastructures, mais de trouver des solutions pour que le développement du réseau routier ne se traduise pas par la disparition progressive de leurs moyens de subsistance.

Le défi est désormais de concilier modernisation des transports, fluidité du trafic et survie de l’économie de proximité.

Mamadou Camara-Journaliste

Kaolack

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