La situation des écoles de formation professionnelle non éligibles mérite aujourd’hui une attention particulière des autorités compétentes. Derrière les inscriptions, les promesses de formation et les sacrifices financiers des familles, ce sont l’avenir et les ambitions de nombreux jeunes qui peuvent se retrouver compromis.
Chaque année, des parents se débrouillent, parfois avec beaucoup de difficultés, pour payer la scolarité de leurs enfants dans des établissements privés de formation. Certains contractent des dettes, se privent de certaines dépenses ou mobilisent toutes leurs économies pour permettre à leurs enfants de poursuivre leurs études. Mais que se passe-t-il lorsque l’établissement choisi n’est pas reconnu ou éligible ?
Le phénomène du « khar mat dans le privé », c’est-à-dire investir difficilement dans une formation sans disposer de garanties suffisantes sur sa reconnaissance, ne peut plus être considéré comme une simple affaire entre parents et établissements.
Le ministère doit publier une liste claire des établissements éligibles
Il est aujourd’hui essentiel que le ministère compétent mette régulièrement à la disposition du public une liste officielle, claire et facilement accessible des établissements de formation professionnelle éligibles, afin que chaque élève et chaque parent puisse s’orienter en connaissance de cause.
Une telle publication permettrait aux familles de vérifier, avant toute inscription et tout paiement de frais de scolarité, le statut réel de l’établissement choisi.
Car le problème ne se limite pas à l’inscription. Il y a également la question des diplômes délivrés, de leur reconnaissance, de la poursuite des études et de l’insertion professionnelle des jeunes.
Quand le diplôme n’offre pas les garanties attendues
Lorsqu’un jeune passe plusieurs années dans une école et que son diplôme n’est finalement pas reconnu ou ne bénéficie pas de la validité attendue, les conséquences peuvent être lourdes.
Pour l’élève, c’est parfois plusieurs années d’études qui semblent perdues, avec un retard dans son parcours et des difficultés supplémentaires pour accéder à l’emploi ou poursuivre une formation.
Pour les parents, c’est un investissement financier qui peut représenter des sacrifices considérables, sans garantie de résultat.
Pour les établissements sérieux et régulièrement reconnus, cette situation peut également créer de la confusion dans le secteur et porter atteinte à la crédibilité de la formation professionnelle privée.
Pour l’État et les autorités académiques, le risque est de voir s’accroître la frustration d’une jeunesse qui cherche avant tout à se former et à construire son avenir.
Le cas des formations en ligne doit également être encadré
Le développement des écoles et formations en ligne constitue une nouvelle réalité. Elles peuvent offrir des opportunités intéressantes aux jeunes, mais elles nécessitent également une information précise sur leur statut, les certifications délivrées, les conditions d’évaluation et la reconnaissance des diplômes ou attestations.
Là aussi, les candidats et leurs parents doivent pouvoir savoir clairement ce qui est reconnu, par qui, dans quelles conditions et pour quelle finalité.
Une concertation devient nécessaire
Face à cette situation, une concertation entre les autorités étatiques, les autorités académiques, les établissements de formation, les associations de parents d’élèves et la COSYDEP apparaît nécessaire.
L’objectif ne doit pas être de fermer des portes, mais de mettre de l’ordre, protéger les familles, informer les jeunes et garantir la qualité des formations.
Il faut surtout éviter qu’un jeune découvre, après plusieurs années d’études et de sacrifices familiaux, que la formation suivie ne lui offre pas les garanties qu’il espérait.
La publication régulière des établissements éligibles, une meilleure information avant inscription, le contrôle des formations proposées et une communication accessible aux familles constitueraient déjà des avancées importantes.
L’orientation est un choix qui engage l’avenir. Les familles ont donc le droit de savoir où elles envoient leurs enfants et ce qu’elles paient.
Il est temps de faire de la transparence dans la formation professionnelle une priorité, afin que le sacrifice des parents et les efforts des jeunes ne soient pas réduits à néant.
Mamadou Camara-Journaliste
Camou Communication
Kaolack
