Ecole élémentaire Samba Diack : de temple du savoir à école en détresse, qui sauvera ce patrimoine de Kaolack ? Kaolack-Infrastructures scolaires

Il y a des écoles qui ne sont pas de simples bâtiments. Elles sont des morceaux de l’histoire d’une ville, des lieux de mémoire où plusieurs générations ont appris leurs premières leçons avant de prendre leur place dans la société.

L’école élémentaire Samba Diack, relevant de l’IEF de Kaolack Commune et de l’Inspection d’Académie de Kaolack, appartient incontestablement à cette catégorie.

Située non loin de chez feu Thiéma Konaré, cette école a longtemps été considérée comme une référence dans le paysage éducatif de Kaolack. Elle a vu passer plusieurs générations d’élèves et d’enseignants et a contribué à la formation de nombreux cadres, sportifs, entrepreneurs et personnalités du terroir.

Mais aujourd’hui, le constat est amer : ce qui fut un temple du savoir est désormais confronté à une dégradation qui interpelle et inquiète.

Une école qui a écrit une partie de l’histoire de Kaolack

L’histoire de Samba Diack reste intimement liée à celle de plusieurs générations de Kaolackois.

Au fil des années, des directeurs et des enseignants ont marqué la vie de l’établissement. Parmi les noms cités dans les souvenirs des anciens figurent notamment M. Camara, M. Cissokho et M. Monteil, ainsi que plusieurs enseignants tels que Ndiaye Omar, Mme Anna Monteil, Mendy, M. Anila, Mme Thiam, Ndiaye Flamme et Baba Thioune, entre autres.

L’école a également participé à l’encadrement de jeunes enseignants sortis des écoles de formation, contribuant ainsi à la transmission du savoir-faire pédagogique.

La liste des anciens élèves ayant fréquenté Samba Diack témoigne de son importance.

On y retrouve notamment Modou Cheikh Babou, opérateur économique,  Elimane Fall , journaliste du Soleil ,Pape Faye, entraîneur de football, son frère Cheikh Faye, Moussa Samba, Omar Sène, l’ancien international de football Baytir Samb et son frère Malick Samb, Pierre Monteil, Marie Monteil, Ousmane Bouna Fana, Adama, Malick Coulibaly, Omar Sène, Mansour Niang, ingénieur aérospatial, Farba Soumaré, Birame Ba, Malick Diallo, Daour Pouye, Astou Gueye, Malick Ndao, pour ne citer que quelques noms.

La liste est évidemment loin d’être exhaustive.

Parmi ceux qui ont également fait leurs premiers pas dans l’enseignement à travers cette école ou qui sont associés à son histoire figure Alioune Diouf, aujourd’hui directeur de l’école élémentaire SOS.

Aujourd’hui, le décor est tout simplement désolant

Comment comprendre alors que cette école, qui a contribué à former autant de générations, puisse aujourd’hui présenter un visage aussi préoccupant ?

À Samba Diack, le décor imaginé par les anciens élèves et observateurs de la situation est celui d’un établissement qui a perdu une grande partie de son lustre : fenêtres cassées et rongées par la rouille, salles de classe fortement dégradées, tables-bancs cassées ou devenues inutilisables, absence de portail et environnement peu rassurant.

Une école sans portail peut facilement devenir un espace ouvert aux animaux, aux badauds et à toutes sortes de fréquentations qui n’ont rien à voir avec l’éducation.

Pour les riverains, cette situation constitue également un problème de sécurité. Certains peuvent même éprouver de l’inquiétude en traversant les abords de l’établissement, particulièrement à certaines heures.

Est-ce cela que mérite une école qui a formé des générations de Kaolackois ?

À la veille de la rentrée, l’inquiétude des parents

La rentrée scolaire devrait être synonyme d’espoir.

Pour les parents, elle doit signifier que leurs enfants vont retrouver des salles propres, sécurisées et adaptées à l’apprentissage.

Mais lorsque l’état des infrastructures devient préoccupant, l’inquiétude s’installe.

Les enfants ont besoin d’un environnement digne pour apprendre. Ils ont besoin de salles de classe sûres, de tables-bancs convenables, de fenêtres fonctionnelles, d’un espace clôturé et sécurisé.

L’école ne doit jamais devenir une source d’angoisse pour les parents.

Une interpellation directe aux autorités

La situation de Samba Diack appelle donc une réponse claire des autorités administratives, académiques et locales.

Que fait-on pour cette école ?

Existe-t-il un diagnostic précis de son état ?

Un programme de réhabilitation est-il prévu ?

Qui doit prendre l’initiative pour réhabiliter les salles, sécuriser l’établissement et offrir aux élèves des conditions normales d’apprentissage ?

Ces questions méritent des réponses.

Car il ne faudrait surtout pas attendre qu’une situation grave survienne pour se rappeler que Samba Diack existe.

Le nom Samba Diack doit aussi interpeller les fils du terroir

L’établissement porte le nom d’un notable. Sa mémoire, mais aussi celle de sa famille, devrait contribuer à mobiliser les consciences.

Des noms comme Mamadou Diack de l’Imprimerie, Serge Nadjirou Diack et Arona Diack sont évoqués parmi les descendants ou proches de cette famille.

Les habitants du quartier, parmi lesquels Boubacar Aw, Sougou et d’autres bonnes volontés, ne peuvent certainement pas rester insensibles devant la dégradation d’un établissement qui fait partie de leur environnement et de leur histoire.

Les anciens élèves doivent-ils attendre davantage ?

Et si les anciens élèves de Samba Diack se retrouvaient autour d’une même table ?

Et si les cadres formés dans cette école décidaient de lancer une initiative collective pour contribuer à sa renaissance ?

Et si les opérateurs économiques, les sportifs, les enseignants, les élus locaux et les fils et filles de Kaolack se mobilisaient ?

L’exemple existe déjà dans la ville.

Moustapha Ndiaye, fils de Kaolack-Kasnak et opérateur économique, a récemment été cité pour son engagement en faveur de l’école Moussa Sow de Kasaville, dont il a accompagné la démolition et la reconstruction à travers la mobilisation d’un entrepreneur.

D’autres fils de Kaolack, des maires, des opérateurs économiques et des bonnes volontés ont également contribué, à leur manière, à améliorer les conditions d’apprentissage dans plusieurs établissements.

Ces gestes sont à saluer.

Mais l’école publique ne doit pas mendier

Il faut toutefois faire une distinction fondamentale.

La solidarité des citoyens est noble. La reconnaissance des anciens élèves est honorable. La contribution des bonnes volontés est précieuse.

Mais l’école publique ne doit pas être condamnée à mendier pour survivre.

La construction, l’entretien, la sécurisation et la réhabilitation des infrastructures scolaires doivent relever d’une politique publique permanente et efficace.

Les citoyens qui interviennent le font souvent parce qu’ils veulent rendre à l’école ce qu’elle leur a donné.

Mais leur contribution ne doit jamais servir à masquer les responsabilités institutionnelles.

Un plan d’urgence pour Samba Diack

Pour sauver l’établissement, plusieurs actions semblent aujourd’hui indispensables :

réhabiliter les salles de classe ;

remplacer les fenêtres et équipements fortement dégradés ;

renouveler les tables-bancs ;

installer un portail solide et sécuriser l’enceinte ;

améliorer l’éclairage et l’environnement immédiat ;

procéder à un nettoyage et à un assainissement complet ;

établir un diagnostic technique global ;

mettre en place un programme de réhabilitation durable.

Un comité de sauvegarde de l’école Samba Diack, associant autorités, administration scolaire, anciens élèves, parents d’élèves, habitants du quartier et bonnes volontés, pourrait également être envisagé.

Samba Diack doit retrouver sa dignité

Le message est simple :

Samba Diack a suffisamment donné à Kaolack.

Elle a formé des élèves. Elle a accompagné des enseignants. Elle a contribué à faire émerger des cadres. Elle a participé à l’histoire éducative de la ville.

Aujourd’hui, c’est à Kaolack de lui rendre la pareille.

Aux autorités administratives.

Aux autorités académiques.

Aux collectivités territoriales.

Aux anciens élèves.

Aux fils et filles de Kaolack.

Aux opérateurs économiques.

Aux familles et aux bonnes volontés.

L’appel est lancé.

Il ne faut pas attendre que les murs s’effondrent pour réagir.

Sauver Samba Diack, ce n’est pas seulement réhabiliter des bâtiments. C’est sauver une mémoire, protéger des enfants et préserver une partie du patrimoine éducatif de Kaolack.

L’heure du sursaut a sonné.

Mamadou Camara – Journaliste

Camou Communication

Kaolack

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