Kaolack : Mansour Loum , un fils du Saloum qui n’a jamais oublié ses racines De la police nationale à une mission de la coopération au Mali ,en passant par les terrains de football, portrait d'un discret, attaché à sa famille, à la foi et à sa ville natale

Il est des hommes dont le parcours mérite d’être raconté autant pour les responsabilités qu’ils ont exercées que pour les valeurs humaines qu’ils ont su préserver au fil des années. Mansour Loum, fils de Kaolack, fait partie de ces personnalités dont la discrétion, l’humilité et la fidélité aux origines constituent les traits marquants.

Derrière le parcours d’un ancien inspecteur de police ayant gravi les échelons de la Police nationale du Sénégal se dessine le portrait d’un homme profondément attaché à sa terre natale, à son éducation familiale, à sa foi et aux relations humaines qui ont marqué son enfance et sa jeunesse.

Mais raconter Mansour Loum, c’est aussi évoquer un passionné de football, un défenseur redoutable sur les terrains de quartier et un ancien élève du lycée Valdiodio Ndiaye, autrefois appelé lycée Gaston Berger.

De Kasaville à la Police nationale : un parcours fondé sur le mérite

Originaire de Kasaville, dans la commune de Kaolack, Mansour Loum a grandi dans une famille modeste où l’éducation, le respect des parents, la discipline et la religion occupaient une place essentielle.

Ancien élève du lycée Valdiodio Ndiaye, il a poursuivi son parcours scolaire avant d’intégrer la Police nationale du Sénégal en qualité d’inspecteur de police, à l’issue d’un concours réputé exigeant.

À cette époque, réussir le concours d’inspecteur de police n’était pas une mince affaire. Il fallait disposer de solides connaissances, d’une bonne capacité de raisonnement et d’une véritable aptitude intellectuelle pour franchir cette étape sélective.

Mansour Loum a ainsi construit progressivement sa carrière, gravissant les échelons grâce à son parcours professionnel. Son itinéraire l’a également conduit au Mali, où il a effectué une mission de coopération policière, une expérience qui témoigne de la dimension internationale que peuvent prendre les missions des forces de sécurité.

Pour autant, les responsabilités professionnelles et les expériences acquises loin de sa ville natale ne l’ont jamais éloigné de ses origines.

Sur les terrains de rue, un latéral intraitable

Avant de se faire connaître dans la sphère professionnelle, Mansour Loum avait déjà marqué les esprits sur les terrains de football de Kaolack.

Dans les matchs de rue intergénérationnels, il était connu comme un excellent latéral, un défenseur engagé, combatif et particulièrement difficile à déborder. Son couloir était une véritable zone de résistance : les ailiers qui s’y aventuraient savaient qu’ils auraient affaire à un adversaire coriace.

Ses interventions, son engagement physique et sa détermination lui avaient forgé une solide réputation auprès des amateurs de football de quartier. Il faisait partie de ces défenseurs qui ne lâchaient rien et qui défendaient leur position avec une détermination sans faille.

À Kaolack, les souvenirs de ses tacles et de ses duels restent également associés aux rencontres de « cogne » opposant notamment Nantes et Yaté Club, avec des joueurs comme Ndiouga et Amar, à l’équipe des Terreurs, où évoluaient entre autres Mawdo Samb et Thierno Baba.

Ces confrontations, qui animaient la vie sportive des quartiers, étaient des moments de rivalité, de passion et de fraternité. Mansour Loum y avait sa place, avec un style de jeu qui ne laissait personne indifférent.

Pour ceux qui l’ont vu évoluer, son potentiel footballistique aurait pu lui permettre d’aller plus loin. Une carrière au plus haut niveau était peut-être envisageable, mais les contraintes liées à ses obligations professionnelles ont fini par limiter ses possibilités de poursuivre cette ambition dans l’élite.

À l’École de police, un défenseur respecté sous Mady Koyaté

La passion du football ne s’est pas arrêtée aux terrains de quartier. À l’École de police, Mansour Loum a également continué à défendre ses couleurs avec la même détermination.

Sous la conduite de Mady Koyaté, il s’est illustré aux côtés de plusieurs joueurs dont les noms restent associés à cette période : Abdou Ndiaye, Pape Djité, feu Diakhou Guèye, Diadjilou, Médoune Mar, feu Cheikh Tidiane Fall et Thierno Mboup.

Avec ces coéquipiers, il partageait le terrain dans un esprit de compétition, de solidarité et de camaraderie.

Sur la pelouse, Mansour Loum restait fidèle à sa réputation : un joueur intraitable, engagé dans les duels et déterminé à défendre son camp. Son profil de latéral robuste et discipliné faisait de lui un élément précieux pour son équipe.

Ceux qui ont partagé ces moments avec lui gardent le souvenir d’un homme dont l’engagement sportif reflétait déjà certaines qualités que l’on retrouve dans son parcours professionnel : la discipline, la persévérance et le sens du devoir.

Sa trajectoire rappelle aussi que de nombreux talents sportifs n’ont pas toujours la possibilité de s’exprimer pleinement au plus haut niveau, notamment lorsque les exigences du travail et les responsabilités professionnelles imposent d’autres priorités.

Une éducation familiale où l’école française allait de pair avec l’apprentissage du Coran

Pour comprendre davantage la personnalité de Mansour Loum, il faut revenir à l’éducation reçue au sein de sa famille, à Kasaville.

Ses parents accordaient une importance particulière à l’instruction religieuse et à l’apprentissage du Saint Coran au daara. Dans ce foyer, l’éducation à l’école française ne devait pas se faire au détriment de la formation coranique.

Mansour Loum et ses frères et sœurs ont ainsi grandi dans un environnement où les études scolaires et l’apprentissage religieux se complétaient. Cette double formation constituait une composante importante de leur éducation.

La rigueur de ses parents sur cette question témoignait de leur volonté de transmettre à leurs enfants des connaissances, mais aussi des principes de vie fondés sur le respect, la discipline, la foi et le sens des responsabilités.

Cet héritage continue d’occuper une place importante dans la vie de Mansour Loum. Le chapelet à la main, il demeure attaché à la prière, à la lecture du Saint Coran et à la pratique des cinq piliers de l’islam, conformément à l’éducation religieuse reçue au sein de sa famille.

Cette fidélité aux enseignements de ses parents constitue l’un des fils conducteurs de son histoire personnelle.

La discrétion comme marque de fabrique

Malgré son parcours dans la Police nationale et sa mission de coopération policière au Mali, Mansour Loum n’a jamais cherché à faire de ses fonctions un moyen de se distinguer de ses proches.

Lors de ses séjours à Kaolack, il avait l’habitude de circuler en civil et de retrouver ses amis d’enfance dans la simplicité. Pour ceux qui l’avaient connu avant son entrée dans la police, il restait avant tout le même homme, fidèle aux relations nouées dans sa jeunesse.

Beaucoup de Saloum-Saloum ne mesuraient pas nécessairement l’étendue de son parcours professionnel, tant il évitait de mettre en avant son statut ou ses responsabilités.

Cette attitude traduit une certaine conception de la réussite : progresser dans la vie sans renier ceux avec qui l’on a grandi, acquérir de l’expérience sans se couper de ses racines et exercer des responsabilités tout en restant accessible aux autres.

De Kasaville aux terrains de football, des bancs du lycée Valdiodio Ndiaye aux services de police, le fil de ses relations humaines n’a jamais cessé de le rattacher à Kaolack.

Les moutons de race, une passion entre patience et générosité

Une autre facette de Mansour Loum mérite d’être évoquée : son intérêt pour les moutons de race.

Au-delà de l’attrait que peut représenter l’élevage de beaux spécimens, cette passion demande du temps, de la patience et une attention constante. Elle s’inscrit également, chez lui, dans une démarche empreinte de spiritualité et de générosité.

Cette activité constitue un autre aspect de sa personnalité, loin des contraintes de la vie professionnelle. Elle lui permet de consacrer du temps à une passion personnelle qui s’accorde avec son attachement aux valeurs religieuses.

Mansour Loum, une réussite qui n’efface pas les origines

Le parcours de Mansour Loum est celui d’un homme qui a su conjuguer ambition professionnelle, passion sportive, attachement familial et fidélité religieuse.

Ancien élève du lycée Valdiodio Ndiaye, inspecteur de police devenu un professionnel expérimenté, acteur de la coopération policière au Mali, ancien défenseur redouté des terrains de Kaolack et homme profondément attaché à sa foi, il incarne plusieurs facettes d’une même histoire.

Son itinéraire rappelle également le rôle déterminant de l’éducation familiale dans la construction d’un individu. Les enseignements reçus à la maison, l’apprentissage du Coran au daara, les études scolaires et les expériences vécues au fil des années ont contribué à façonner son identité.

À Kaolack, ses souvenirs sportifs, ses amitiés d’enfance et ses liens avec Kasaville continuent de donner tout son sens à son attachement au Saloum.

Car les titres et les fonctions peuvent évoluer, les responsabilités changer et les années passer. Mais les racines, elles, demeurent.

Mansour Loum, un fils du Saloum, un homme de devoir et de foi, un ancien latéral intraitable et surtout un homme qui n’a jamais oublié ses origines ni l’éducation reçue de ses parents.

Mamadou Camara, journaliste

Camou Communication — Kaolack

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