Lomé, Togo – Les 9 et 10 octobre 2026, la Fédération sénégalaise des associations de personnes handicapées (FSAPH) a pris part à Lomé, au Togo, à la célébration de la ratification du Protocole africain relatif aux droits des personnes handicapées, ainsi qu’à l’Assemblée générale de la Fédération ouest-africaine des personnes handicapées (FOAPH).
Cette rencontre marque une étape importante dans le combat pour la promotion et la protection des droits des personnes handicapées en Afrique. Le Togo a franchi un cap décisif en ratifiant, le 31 décembre 2025, ce protocole continental, au terme d’un long processus de plaidoyer mené par les acteurs de la défense des droits des personnes handicapées.
Madame Dary, née Isseu Gaye, salue l’engagement des autorités sénégalaises
À cette occasion, Madame Dary, née Isseu Gaye, a vivement remercié les autorités sénégalaises pour leur écoute et leur sensibilité aux préoccupations des personnes en situation de handicap. Elle a souligné l’importance de maintenir le dialogue avec les pouvoirs publics afin de faire avancer les droits, l’inclusion et la participation citoyenne des personnes handicapées.
Pour elle, la ratification du Protocole africain constitue un grand bond en avant dans la reconnaissance et la protection des droits de cette frange de la population. L’exemple du Togo représente ainsi une avancée encourageante pour les autres pays africains, notamment le Sénégal, appelé à poursuivre les démarches nécessaires en vue de la ratification de cet instrument juridique.
Un levier de transformation sociale, juridique et statutaire
Au-delà de sa portée symbolique, la ratification du Protocole africain peut avoir des conséquences importantes sur la situation des personnes handicapées, à condition d’être suivie de mesures concrètes de mise en œuvre.
Sur le plan social, elle peut contribuer à renforcer la lutte contre les discriminations et les préjugés, à favoriser l’accès à l’éducation, à la santé, à l’emploi et aux services publics, ainsi qu’à promouvoir une participation pleine et entière des personnes handicapées à la vie communautaire.
Sur le plan juridique, cet engagement renforce le cadre de protection des droits fondamentaux. Il invite les États à adapter leurs lois et leurs politiques aux exigences du Protocole, à prévenir les violations des droits et à améliorer les mécanismes permettant aux personnes concernées de faire valoir leurs droits.
Sur le plan statutaire et institutionnel, la ratification peut également favoriser une meilleure reconnaissance des personnes handicapées comme titulaires de droits à part entière, ainsi qu’une participation accrue de leurs organisations aux processus de décision. Elle peut encourager le renforcement des dispositifs de protection sociale, des mécanismes d’accompagnement et des politiques publiques en faveur de l’autonomie et de l’inclusion.
Toutefois, ces avancées ne sont pas automatiques. Elles nécessitent des textes d’application adaptés, des ressources suffisantes, des mécanismes de suivi efficaces et une implication constante des organisations représentatives des personnes handicapées.
Le Sénégal appelé à rejoindre la dynamique continentale
À l’issue de cette célébration, l’espoir est désormais que le Sénégal devienne le prochain pays à ratifier le Protocole africain relatif aux droits des personnes handicapées. Une telle décision constituerait un signal fort en faveur de l’égalité, de la dignité humaine et de la pleine participation des personnes handicapées au développement national.
Madame Dary, née Isseu Gaye, a également adressé ses remerciements à Sightsavers et à son directeur pays pour le travail remarquable accompli au Sénégal en faveur des personnes handicapées et pour leur contribution à la promotion de leurs droits.
Elle a enfin exprimé sa reconnaissance au président de la FSAPH pour la confiance accordée et pour l’importance accordée à l’implication des femmes dans les initiatives de plaidoyer et les instances de représentation.
À Lomé, le Togo a franchi une étape importante après un long combat. Pour les acteurs sénégalais du mouvement des personnes handicapées, l’enjeu est désormais de poursuivre la mobilisation afin que le Sénégal s’inscrive à son tour dans cette dynamique africaine et transforme les engagements en avancées concrètes sur les plans social, juridique et institutionnel.
Mamadou Camara, journaliste
Camou Communication
Kaolack
