FMI-Exécutif sénégalais : les 2,2 milliards dollars de financement sous la menace de blocage budgétaire .

Le bras de fer autour de la loi de finances rectificative (LFR) pourrait compromettre la poursuite du programme conclu entre le Sénégal et le Fonds monétaire international (FMI). En toile de fond, un enjeu financier majeur : le décaissement des 2,2 milliards de dollars prévus dans le cadre de l’accord conclu entre les deux parties.

Le Sénégal joue une partie importante de sa crédibilité financière auprès de ses partenaires internationaux. Alors que les discussions autour de la loi de finances rectificative (LFR) restent au cœur de l’actualité économique et politique, le Fonds monétaire international (FMI) rappelle ses exigences à l’endroit des autorités sénégalaises.

La porte-parole du FMI, Julie Kozack, a insisté sur la nécessité pour le gouvernement de présenter un budget conforme aux engagements pris dans le cadre du programme conclu avec l’institution financière internationale.

« Un budget qui préserve ces objectifs sera essentiel pour permettre au gouvernement du Sénégal de poursuivre son nouveau programme avec le Fonds monétaire international », a-t-elle déclaré.

Un message qui sonne comme un avertissement à l’endroit de l’exécutif sénégalais. Pour le FMI, les orientations budgétaires retenues doivent rester cohérentes avec les paramètres convenus au niveau des services de l’institution. Autrement dit, les choix économiques et financiers du gouvernement devront s’inscrire dans le respect des objectifs fixés dans le cadre du programme.

Pour rappel, en septembre dernier, le Sénégal et le FMI avaient conclu un accord de financement de 2,2 milliards de dollars, soit environ 1 240 milliards de francs CFA, sur une période de 36 mois, au titre de la Facilité élargie de crédit.

Toutefois, la concrétisation de cet appui financier reste étroitement liée au respect des engagements budgétaires. Toute divergence entre la loi de finances rectificative et les objectifs du programme pourrait ainsi compliquer la poursuite des négociations et retarder les décaissements attendus.

Cette situation intervient dans un contexte particulièrement délicat pour les finances publiques sénégalaises. L’agence de notation Moody’s a récemment abaissé la note souveraine du Sénégal de « Caa2 » à « Ca », tout en faisant évoluer la perspective de négative à stable.

Entre impératifs de redressement des finances publiques, exigences des partenaires financiers et volonté de préserver ses marges de décision économiques, l’exécutif sénégalais se retrouve face à un défi de taille.

Au-delà des 2,2 milliards de dollars en jeu, c’est donc la crédibilité économique et financière du Sénégal sur la scène internationale qui se trouve au centre des préoccupations.

Par Mamadou Camara, journaliste

Camou Communication

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