Les ports français connaissent une importante journée de mobilisation ce vendredi 30 octobre 2026. À l’appel de la Fédération nationale des ports et docks de la CGT, les dockers observent une grève de 24 heures pour dénoncer la militarisation des infrastructures portuaires et s’opposer à l’orientation vers une économie de guerre.
Selon les responsables syndicaux, près de 95 % de l’activité portuaire française pourrait être paralysée durant cette journée. Le mouvement concerne environ 14 000 travailleurs portuaires, dont près de 7 500 dockers répartis dans les principaux ports du pays.
En Occitanie, les installations portuaires de Sète, dans l’Hérault, et de Port-Vendres, dans les Pyrénées-Orientales, sont également concernées par cette mobilisation.
Les dockers dénoncent la transformation des ports en infrastructures militaires
À travers cette journée de protestation, les syndicats entendent exprimer leur opposition à ce qu’ils considèrent comme une militarisation progressive des infrastructures portuaires, sous l’impulsion des orientations européennes.
Les organisations syndicales refusent que les ports, les plateformes logistiques, les voies maritimes et les infrastructures de transport soient progressivement intégrés aux dispositifs liés aux conflits armés.
Pour les représentants des dockers, les installations portuaires doivent avant tout rester au service des populations, des travailleurs et de l’économie civile, et non devenir des maillons de la chaîne logistique militaire.
L’automatisation et les emplois également au cœur des revendications
Au-delà de la question militaire, la CGT dénonce également les conséquences de l’automatisation des opérations de manutention sur l’emploi portuaire. Le syndicat redoute une déréglementation du secteur et une dégradation des conditions de travail.
Les dockers contestent par ailleurs certaines orientations du projet de budget du gouvernement de Sébastien Lecornu, estimant qu’elles menacent les mécanismes de solidarité sociale.
Une mobilisation à dimension européenne et internationale
Cette grève dépasse les frontières françaises. Elle s’inscrit dans un mouvement de contestation initié à l’échelle européenne et internationale, avec l’implication de plusieurs organisations syndicales de dockers.
Des syndicats d’Espagne, de Grèce, d’Italie, d’Allemagne, du Portugal, d’Irlande, de Suède, du Danemark, de Slovénie et de Chypre sont également appelés à participer à cette journée de mobilisation.
Le 19 mai dernier, à Istanbul, des représentants syndicaux de 35 ports européens avaient déjà signé une déclaration commune pour affirmer leur refus de voir les travailleurs portuaires impliqués dans les mécanismes logistiques des guerres.
À travers cette mobilisation, les dockers veulent envoyer un message clair aux autorités nationales et européennes : les ports doivent rester des espaces de travail, d’échanges commerciaux et de développement économique, et non devenir des instruments au service de l’économie de guerre.
Mamadou Camara, journaliste
Camou Communication
Sénégal
