Economie- Sénégal : Moody’s dégrade une nouvelle fois la note souveraine du pays , qui s’enfonce dans la catégorie spéculative

Le Sénégal subit une nouvelle dégradation de sa note souveraine. L’agence internationale de notation financière Moody’s a abaissé, pour la cinquième fois consécutive, la notation de crédit du pays, faisant passer ses titres de dette à long terme en devises étrangères de « Caa2 » à « Ca ». Une décision qui place davantage le Sénégal dans la catégorie des investissements hautement spéculatifs, communément appelée « junk » (obligations à haut risque).

Selon des informations rapportées par Reuters, cette nouvelle dégradation concerne notamment les titres de créance non garantis de premier rang ainsi que la notation à long terme de l’émetteur souverain sénégalais. Toutefois, Moody’s a revu la perspective de la note, qui passe de négative à stable.

Cette décision intervient moins de deux mois après une précédente dégradation de la note du Sénégal. Elle fait également suite à l’annonce du gouvernement, en septembre 2026, de son intention de solliciter une restructuration de sa dette dans le cadre du Cadre commun du G20.

La situation financière du pays reste particulièrement préoccupante depuis la révélation d’importants engagements financiers qui n’avaient pas été déclarés par les précédentes autorités. Ces passifs supplémentaires ont contribué à porter le niveau de la dette publique à environ 97 % du produit intérieur brut (PIB), accentuant les inquiétudes sur la capacité de l’État à honorer ses engagements financiers.

Face à cette situation, les autorités sénégalaises ont engagé des discussions avec les créanciers et le Fonds monétaire international (FMI), dans le but de trouver une solution permettant de rétablir la viabilité de la dette publique. L’enjeu est également de préserver l’accès du Sénégal aux marchés financiers régionaux, indispensables au financement de l’économie nationale.

Moody’s souligne par ailleurs que les perspectives restent marquées par plusieurs incertitudes. Les risques portent notamment sur d’éventuels retards dans le processus de restructuration de la dette, mais aussi sur les avantages que pourrait offrir l’appartenance du Sénégal à l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA).

Cette nouvelle dégradation constitue un signal préoccupant pour l’économie sénégalaise. Elle pourrait compliquer davantage les conditions d’accès du pays aux financements internationaux, renchérir le coût de ses futurs emprunts et fragiliser la confiance des investisseurs.

Au-delà des indicateurs financiers, cette situation pose un défi majeur aux autorités : restaurer la crédibilité budgétaire de l’État, maîtriser l’endettement et rassurer les partenaires financiers dans un contexte économique particulièrement délicat.

Mamadou Camara, journaliste

Camou Communication

Sénégal

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