Trois jours après l’attaque meurtrière survenue à Trappes et à La Verrière, dans la région parisienne, l’enquête connaît un nouveau développement. La garde à vue du principal suspect, suspendue le 24 octobre dans l’attente d’une expertise psychiatrique, a été reprise le lundi 26 octobre, après que les conclusions médicales ont écarté la nécessité d’une hospitalisation sous contrainte.
Âgé de 39 ans, Kevin T. est soupçonné d’avoir mené un périple meurtrier de près de 12 kilomètres à travers les deux communes, faisant un mort et quatre blessés à l’arme automatique. La victime décédée, Pengo Bossio Wangi, était un jeune Français de 26 ans d’origine africaine.
Le Parquet national antiterroriste (PNAT) a ouvert une enquête pour assassinat terroriste, avec la circonstance aggravante d’un mobile raciste. Selon le procureur national antiterroriste, l’expertise psychiatrique n’a révélé aucun signe de trouble délirant ou de pathologie nécessitant une hospitalisation.
Si le suspect ne conteste pas les faits qui lui sont reprochés, il rejette toutefois leur caractère raciste. Les enquêteurs indiquent que son véhicule contenait notamment un fusil-mitrailleur, un couteau et un pointeur laser. En revanche, contrairement à certaines informations relayées dans la presse, aucun tract du Rassemblement national n’y a été retrouvé.
Sur le plan médical, trois des quatre blessés sont toujours hospitalisés, dont une personne dont le pronostic vital demeure engagé. L’état de santé de l’enfant de 11 ans, également blessé lors de l’attaque, ne présente plus de risque vital.
Vives réactions contre le racisme et les discours de haine
L’attaque a provoqué une vague d’indignation en France. À Paris, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées place Stalingrad pour rendre hommage à Pengo Bossio Wangi et dénoncer le racisme ainsi que les discours de haine.
Des associations de défense des droits humains et des responsables politiques ont notamment mis en cause la banalisation des propos stigmatisants visant les étrangers, les musulmans et les populations issues de l’immigration.
Par ailleurs, près d’une centaine de personnalités du monde culturel, sportif et artistique ont signé une tribune appelant à refuser le silence et l’indifférence face à la montée du racisme. Parmi les signataires figurent notamment Omar Sy, Lilian Thuram, JoeyStarr, Kaaris, La Fouine et Camille Cottin.
Les signataires estiment que la multiplication des polémiques et des discours discriminatoires contribue à alimenter un climat de haine susceptible de favoriser les passages à l’acte violents. Ils réclament notamment une minute de silence à l’Assemblée nationale en mémoire de la victime.
Cette tragédie relance ainsi le débat sur le racisme, la responsabilité des médias et les conséquences des discours de haine dans la société française.
