Kaolack : Nietty Gouye, un “Mbeubeusse urbain” au cœur de la ville
Les populations alertent sur l’insécurité, l’insalubrité et réclament des mesures urgentes
Par Mamadou Camara, journaliste – Camou Communication
Situé à proximité de Keur Thiama Coulibaly, en allant vers les HLM, le quartier Nietty Gouye à Kaolack est aujourd’hui méconnaissable. Ce secteur, jadis calme et animé par la convivialité de ses habitants, s’est transformé en un véritable “Mbeubeusse urbain”, confisqué par les charretiers, les vendeurs de sable, de béton, de briques et de foins.
Les artères principales sont encombrées, la circulation devient presque impossible et la sécurité des habitants est gravement compromise. Les riverains dénoncent une situation d’anarchie et d’abandon, qui altère leur qualité de vie et menace leur santé.
Un quotidien difficile et dangereux
La nuit, le quartier change de visage. L’obscurité et l’encombrement favorisent les agressions et les vols. Les habitants n’osent presque plus sortir, tandis que les terrains de football — autrefois lieux de loisirs et de rencontre pour les jeunes — sont désormais occupés par des badauds et des malfrats.
> « Nous avons peur de sortir la nuit, même pour une simple course à la boutique. L’encombrement est devenu un vrai danger », confie une habitante.
> « Tous les matins, je dois me frayer un chemin parmi les charrettes et les vendeurs pour aller au travail. C’est épuisant et stressant », ajoute un travailleur du quartier.
> « Les enfants et les jeunes ne peuvent même plus jouer sur les terrains de football. Ce lieu est maintenant occupé par des personnes suspectes », déplore un autre résident.
> « Traverser le quartier pour aller à l’école ou faire ses courses est devenu un véritable parcours du combattant », regrette une mère de famille.
Un cri du cœur des jeunes du quartier
Un jeune habitant, très impliqué dans la préservation du cadre de vie, témoigne avec amertume :
> « Le mal est plus profond. Nous respirons quotidiennement une odeur nauséabonde à cause des déchets laissés par les animaux garés sur place. Le vol et les agressions sont fréquents. On m’a déjà volé plusieurs chèvres. J’ai déposé une réclamation à la préfecture pour dénoncer la situation. Moi seul, je nettoyais tous les dimanches l’espace, mais il faut l’implication des autorités et des citoyens pour mettre totalement fin à ce désordre. On n’en peut plus. »
Un autre riverain confirme ces propos et déplore l’inaction des autorités malgré les multiples alertes :
> « Une pétition est en train d’être signée par les habitants et sera prochainement déposée auprès de l’autorité préfectorale pour dénoncer la situation. Pour ma part, j’ai déposé à plusieurs reprises des courriers à la préfecture pour fustiger l’occupation anarchique de cet espace. Une fois même, la DSCOS est venue sur place pour faire une sommation aux occupants. Mais depuis, aucune suite n’a été donnée », révèle notre interlocuteur, visiblement désemparé.
Des attentes fortes envers les autorités
Face à cette situation alarmante, les populations de Nietty Gouye lancent un appel pressant aux autorités locales et municipales. Elles demandent une descente inopinée pour constater la gravité de la situation et la mise en œuvre de mesures urgentes pour :
Désencombrer les artères et libérer les voies publiques ;
Assainir la zone et éliminer les sources d’insalubrité ;
Renforcer la sécurité dans les rues et autour des terrains de sport ;
Restaurer la quiétude et la dignité de ce quartier stratégique de Kaolack.
Pour les riverains, la situation ne relève plus d’un simple désordre urbain, mais bien d’un problème de sécurité et de santé publique. Ils interpellent les autorités compétentes pour qu’elles agissent avant que le quartier ne sombre davantage dans le chaos.
Une pétition déjà adressée au préfet
Les habitants rappellent qu’une pétition a été rédigée le 15 septembre 2025 et adressée au Préfet de Kaolack pour dénoncer la dégradation avancée de leur cadre de vie.
Dans ce document, les signataires exprimaient leur indignation face à l’état de putréfaction des animaux abandonnés, à l’implantation anarchique des charretiers, et à la transformation du quartier en zone de stationnement insalubre, source de maladies.
Les riverains y sollicitent un cadre de vie sain, sécurisé et digne, à la hauteur des ambitions d’une ville en pleine transformation.
