Kaolack : Les Badienou Gokh, héroïnes de l’ombre au service du développement communautaire
Par Mamadou Camara – Camou Communication
Elles sont là, partout, discrètes mais efficaces. À Kaolack, les Badienou Gokh accomplissent chaque jour, avec un sens du devoir exemplaire, leur mission de proximité. Ces femmes, véritables piliers du développement local, œuvrent sans relâche dans les domaines de la santé, de l’éducation, de l’environnement et du développement communautaire.
Dans les quartiers de Kasnack, Kasaville, Léona, Sara, Ndorong, Sam, Dialègne, Ndangane, Kahone ou Médina, il est impossible de parcourir une rue sans croiser ces braves dames, engagées dans une activité de sensibilisation, d’assainissement ou de soutien sanitaire.
Des femmes au cœur de l’action, mais souvent oubliées
Elles accomplissent une mission noble, mais leurs conditions de travail restent précaires.
Hawa Sow, habitante de Kasaville, Badienou Gokh du District sanitaire de Kasnack et présidente du GIE des femmes ADEF, témoigne :
> « Nous travaillons sans relâche, souvent sans aucune rémunération. Nous sommes des mères de famille, mais nous trouvons toujours le temps d’aider nos communautés. Le bénévolat est devenu notre quotidien, malgré nos charges domestiques. »
Ces femmes, dont la plupart ont dépassé la cinquantaine, continuent de servir leurs quartiers avec courage et dévouement. Pourtant, leur engagement n’est reconnu ni sur le plan social ni sur le plan économique.
Appel aux autorités : pour un meilleur statut et une reconnaissance méritée
Il est temps que les autorités locales, le ministère de la Santé, les mairies et les partenaires au développement repensent le statut des Badienou Gokh.
Ces femmes jouent un rôle essentiel dans la prévention sanitaire, la promotion de la santé maternelle et infantile, et la cohésion sociale. Leur implication quotidienne mérite d’être soutenue par :
Une indemnisation mensuelle ou un soutien financier régulier ;
Des formations continues pour renforcer leurs capacités ;
Une couverture maladie adaptée à leur âge et à leur engagement ;
Et une reconnaissance officielle de leur rôle communautaire à travers un cadre juridique clair.
Des modèles d’abnégation et de citoyenneté active
Les Badienou Gokh incarnent l’esprit du bénévolat communautaire sénégalais. À l’heure où la société fait face à des défis sociaux et sanitaires majeurs, leur rôle doit être valorisé, reconnu et soutenu.
Parce qu’au-delà de leur simple appellation, elles sont les gardiennes du bien-être collectif, les éducatrices silencieuses, les sentinelles de la santé publique.
Kaolack et tout le Sénégal leur doivent respect, reconnaissance… et actions concrètes.
Mamadou Camara
