Rappel à Dieu de Abdou Aziz Mbaye « Mame Fama » : son cousin et frère de cœur, Pape Matar Diop, sous le choc
Une disparition qui laisse un vide immense au sein de la famille Diop, entre Dakar, la Cité des Nations Unies et la diaspora.
La nouvelle du rappel à Dieu de feu Abdou Aziz Mbaye, président des communicateurs traditionnels du Sénégal, connu sous le nom de « Mame Fama », a bouleversé tout le pays.
Homme de parole, de culture et de valeurs, Mame Fama a consacré sa vie à la préservation et à la transmission des traditions orales sénégalaises.
Le surnom « Mame Fama » lui a été attribué après le retour de Mame Abdou Aziz Sy Dabakh de la Mecque. Impressionné par la sagesse, la prestance et la maîtrise de la parole d’Abdou Aziz Mbaye, ce dernier l’avait affectueusement appelé ainsi en signe de considération et de bénédiction. Selon les proches, le nom “Mame Fama” est une contraction de “Mame”, symbole de respect et de sagesse, et de “Fama”, signifiant éclat ou lumière, représentant son rôle de guide et de communicateur éclairé dans la société. Ce nom rappelle également les jours de baptêmes et cérémonies religieuses auxquels il participait, en hommage à son homonyme revenu de la Mecque, renforçant ainsi son identité spirituelle et culturelle.
De plus, Mame Fama entretenait un lien spirituel profond avec Tivaouane, ville symbole de foi et de tradition soufie, où il puisait inspiration et sagesse, consolidant son rôle de communicateur respecté et rassembleur.
Mais c’est au sein de la famille de son cousin et frère de cœur, Pape Matar Diop, que la douleur est la plus vive.
À la Cité des Nations Unies, la tristesse est profonde
Depuis l’annonce de sa disparition, la Cité des Nations Unies à Dakar vit au rythme du recueillement et des prières.
Les proches de Pape Matar Diop, inconsolables, peinent à réaliser la perte de celui qui partageait leur quotidien depuis toujours.
Les deux hommes étaient unis par un lien exceptionnel, fait d’amour fraternel, de respect et de confiance mutuelle.
> « Nous avons grandi ensemble, partagé les mêmes repas, les mêmes moments de joie et de peine.
Abdou Aziz n’était pas seulement un cousin, il était un frère, un confident. Nous étions inséparables », confie avec émotion Pape Matar Diop, la voix nouée par l’émotion.
Des souvenirs inoubliables d’amour et de fraternité
De nombreux souvenirs heureux refont surface : les repas partagés en famille, les longues discussions pleines d’humour et de sagesse, les cérémonies religieuses organisées à la Cité des Nations Unies, où Mame Fama brillait par sa présence bienveillante et sa parole apaisante.
> « Lors des cérémonies familiales, il trouvait toujours les mots justes pour réconcilier, pour unir.
C’était un homme de paix, un rassembleur dans l’âme », témoigne un proche voisin.
Sa générosité, son humilité et sa passion pour la tradition orale faisaient de lui un repère, une mémoire vivante.
Pour Pape Matar Diop, c’est un pilier de la famille et de la culture qui s’en va :
> « Il m’appelait Matar mooy sa morom. Il avait cette manière unique de faire sentir à chacun qu’il était important.
Aujourd’hui, c’est comme si une lumière s’était éteinte dans notre maison. »
L’émotion jusque dans la diaspora
Même à l’étranger, la douleur est immense.
Ndeye Masse Diop, fille de Pape Matar Diop, actuellement en mission professionnelle, a exprimé toute sa peine depuis l’extérieur :
> « C’est une grande perte pour toute la famille. Mon père et lui avaient un lien exceptionnel.
Nous prions pour le repos de son âme et pour la force d’accepter cette épreuve. »
De Kaolack à Dakar, de Tivaouane à la diaspora, les témoignages de compassion et d’affection affluent.
Tous saluent la mémoire d’un homme de tradition, de foi et de sagesse, un communicateur respecté, un père de famille exemplaire et un modèle d’engagement.
Hommage à un communicateur d’exception
Héritier de la grande tradition orale sénégalaise, Abdou Aziz Mbaye « Mame Fama » a marqué son époque.
À la tête des communicateurs traditionnels du Sénégal, il a contribué à valoriser la culture, à préserver la parole et à transmettre les valeurs qui fondent notre société.
Son départ laisse un vide profond, mais aussi un héritage moral et spirituel immense.
Son œuvre, ses mots et sa voix résonneront longtemps encore dans la mémoire collective.
> Les nuits sont longues et pénibles pour Pape Matar Diop, qui peine à trouver le sommeil depuis l’inhumation de son cousin.
« L’avoir mis sous terre a été une douleur indicible. C’est une partie de moi qui s’en est allée », confie-t-il avec une grande émotion.
Qu’Allah le Tout-Puissant l’accueille dans Son Paradis et accorde à sa famille la force et la patience de surmonter cette lourde épreuve.
Par Mamadou Camara
Journaliste – Camou Communication
