PASTEF face à son propre miroir : reprendre le terrain, réarmer la base, et restaurer la dynamique patriotique
Deux ans après son arrivée au pouvoir, le parti des Patriotes peine à maintenir l’élan populaire qui l’a porté au sommet. Entre manque d’animation politique, ambitions locales et communication brouillée, l’heure est venue de se réorganiser pour consolider les acquis du projet national incarné par Ousmane Sonko et Bassirou Diomaye Faye.
Analyse politique par Mamadou Camara, journaliste (Camou Communication)
La force d’un parti politique ne se mesure pas seulement à sa présence au gouvernement ou à ses victoires électorales. Elle réside avant tout dans la vitalité de sa base militante, dans l’animation constante des cellules et sections, et dans la capacité à faire vivre le projet politique jusque dans les coins les plus reculés du pays.
Aujourd’hui, PASTEF – Les Patriotes semble avoir perdu ce lien organique qui faisait sa puissance et sa singularité.
L’essoufflement de l’animation à la base
Depuis l’accession au pouvoir, nombre de patriotes ont délaissé le terrain politique, laissant un espace considérable aux adversaires. Ces derniers multiplient les sorties, parfois virulentes, dans les médias, s’érigeant en maîtres du discours public.
Pendant ce temps, les structures de base de PASTEF manquent de moyens, d’encadrement et de coordination. Ce manque d’animation et de communication locale crée une impression de vide, là où autrefois régnait une ferveur militante exemplaire.
Le choc des ambitions et l’épreuve du pouvoir
Les tensions internes liées aux ambitions locales et à la gestion du pouvoir fragilisent la cohésion du parti. Or, comme le disait Ousmane Sonko lui-même, « le dépassement personnel est la clé de la réussite collective ».
Les luttes d’influence au sein des coordinations régionales, les rivalités pour le contrôle des postes administratifs et l’absence de rencontres périodiques pour harmoniser les positions alimentent la division. Il est urgent de restaurer l’esprit de discipline, de loyauté et de dépassement qui a toujours été la marque des patriotes.
La confiance excessive envers certains alliés
Trop de confiance a été accordée à des alliés politiques qui, une fois intégrés dans le gouvernement, ont intelligemment œuvré à renforcer leurs propres bases au détriment du projet collectif.
Cette stratégie, souvent masquée par un discours de loyauté de façade, finit par diluer l’identité du parti et créer des tensions au sein même de la majorité présidentielle.
Certains alliés, oubliant le projet initial, se permettent aujourd’hui de tenir des déclarations maladroites, voire hostiles, à l’encontre du noyau dur des patriotes.
Communication politique : urgence d’une ligne claire et ferme
Sur le plan de la communication, les Patriotes doivent reprendre la main.
Face à une opposition qui tente de dresser Sonko contre Diomaye, et à des médias parfois enclins à amplifier les divergences, il faut imposer une stratégie de communication cohérente, offensive et patriotique.
L’heure n’est plus aux silences prolongés ni aux interventions dispersées. Il faut parler d’une seule voix, réaffirmer l’unité du tandem président-premier ministre, et redonner aux militants des repères clairs sur les priorités du projet national.
Réarmer la base, restaurer la confiance
Le manque de suivi et le laxisme observés dans certaines structures de base découragent les militants. Les cellules locales doivent être revitalisées, dotées de moyens, formées et encadrées.
C’est à travers une politique d’animation continue, des rencontres périodiques, des débats idéologiques et une communication régulière que le parti pourra raviver la flamme militante.
PASTEF doit prouver sa capacité à gouverner autrement
Deux ans après la victoire historique de 2023, le parti doit démontrer sa capacité à gouverner avec méthode, transparence et efficacité.
Les Sénégalais attendent non seulement des résultats économiques et sociaux, mais aussi un leadership politique clair, fort et rassembleur.
L’avenir du projet patriotique dépend de cette capacité à conjuguer gouvernance et militantisme, à gouverner sans s’éloigner du peuple.
Conclusion
PASTEF a l’obligation morale et politique de se ressaisir, de réinvestir le terrain politique, d’unifier ses rangs, et de redonner confiance à sa base.
Les adversaires sont à l’affût, les médias guettent la moindre faille, et les ambitions individuelles menacent la cohésion.
Mais avec une ligne claire, une communication maîtrisée et une mobilisation sincère autour des valeurs fondatrices, les Patriotes peuvent retrouver leur souffle révolutionnaire et consolider leur ancrage populaire.
Mamadou Camara Journaliste /communicant
