
La mission citoyenne du journaliste face aux dérives de l’information
Par Mamadou Camara, journaliste – Camou Communication
Au Sénégal, le journaliste n’est pas seulement un informateur.
Il est un citoyen engagé, un acteur de la démocratie, un rempart contre les dérives.
Mais aujourd’hui, ce rôle sacré est menacé par un phénomène inquiétant : la désinformation, la diabolisation et la manipulation deviennent des armes pour détruire des réputations et fragiliser nos institutions.
Les réseaux sociaux, s’ils ont démocratisé la parole, ont aussi ouvert la voie à la confusion.
Les “fake news” circulent plus vite que la vérité, les titres racoleurs remplacent l’analyse, et le public ne sait plus distinguer le vrai du faux.
Résultat : la presse perd sa crédibilité, et le citoyen sa confiance.
Que faire ?
Volonté politique :
L’État doit garantir l’indépendance de la presse et soutenir les organes crédibles, loin de toute influence partisane.
Assainir le milieu : Journalistes et éditeurs doivent revenir à la base du métier — vérifier, recouper, contextualiser.
Réformes et discipline : Adapter nos lois au numérique, renforcer l’autorégulation, et sanctionner les dérives sans tuer la liberté d’expression.
Le journaliste, gardien de la République
Informer, ce n’est pas manipuler.
Dénoncer, ce n’est pas détruire.
Le journaliste doit redevenir le miroir de la vérité et le bouclier de la démocratie.
Dans un État responsable, l’information ne doit jamais être une arme, mais un outil de construction nationale.
C’est dans cette vérité et cette rigueur que se joue l’avenir de nos institutions.
