*La politique une scène théâtrale : Les rôles changent et les acteurs restent les mêmes *

 

Quand l’adversaire d’hier devient le partenaire de demain et que le vote silencieux pèse plus que les discours

 

Par Mamadou Camara – Camou Communication, Kaolack

 

En politique, il n’existe ni ennemis éternels ni alliés définitifs. Ce qui guide les alliances et les ruptures, ce sont les intérêts du moment. Au Sénégal, cette réalité est frappante : les adversaires d’hier deviennent souvent les partenaires d’aujourd’hui, selon les circonstances et les calculs du pouvoir.

 

Le pragmatisme du pouvoir : la géométrie variable des alliances

 

Les alliances se font et se défont au gré des intérêts stratégiques. Un rival peut redevenir un allié si l’enjeu du moment — élection, majorité, influence régionale — l’exige. Ce n’est pas toujours une trahison, mais une adaptation à la réalité du pouvoir, où la fidélité idéologique pèse souvent moins que le gain politique.

 

Le Sénégal, avec sa tradition de dialogue et de réconciliation, voit régulièrement d’anciens rivaux s’unir autour de causes communes ou d’un partage d’intérêts.

 

> “La politique n’est pas une guerre, c’est un théâtre où les rôles changent, mais les acteurs restent les mêmes.”

 

Le silence éloquent des électeurs sénégalais

 

Les électeurs sénégalais ont atteint une maturité politique remarquable. Ils n’élèvent pas toujours la voix, mais leur silence est plein de sens. Ils observent, analysent, et attendent le jour du scrutin pour agir, sans bruit ni colère, mais avec lucidité.

 

Ce mutisme collectif est une forme de sagesse démocratique :

 

L’électeur juge sans se prononcer.

 

Il se méfie des discours.

 

Il sanctionne dans l’isoloir, en toute conscience.

 

Certains analystes parlent du “verdict silencieux” : un jugement populaire que nul sondage ne peut prédire.

 

Le peuple et la compassion pour la “victime politique”

 

Le peuple sénégalais est profondément moral. Il manifeste souvent de la sympathie pour celui qui a été injustement combattu ou humilié. Il sait distinguer la victime du bourreau, la sincérité de la manœuvre, et se souvient de ceux qui ont soutenu les autres dans l’adversité.

 

> “Le peuple ne parle pas toujours, mais il ressent toujours. Et quand vient le moment du choix, il vote avec son cœur autant qu’avec sa tête.”

 

Les citoyens, plus lucides que les politiques ?

 

Oui, sans doute. Les citoyens ont appris à décoder le langage politique et à anticiper les retournements. Pendant que certains dirigeants restent prisonniers des schémas anciens — culte du chef, postes, alliances d’intérêt — le peuple avance.

 

Ce décalage explique pourquoi les résultats électoraux surprennent souvent les états-majors : le peuple observe, encaisse et tranche, calmement mais fermement.

 

Conclusion : la sagesse du silence populaire

 

Phénomène politique Lecture stratégique Réaction du peuple

 

Adversaires devenus alliés Alliance d’intérêt Observation prudente

Silence des électeurs Maturité et méfiance Vote sanction

Soutien à la victime Réflexe moral Rééquilibrage du jeu

Décalage peuple / dirigeants Manque de vision Sanction démocratique

 

> “Les hommes politiques calculent, le peuple, lui, choisit. Et souvent, ce sont ses choix silencieux qui écrivent les pages les plus fortes de l’histoire politique.”

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