Ndangane sous eaux usées : une bombe sanitaire au cœur de Kaolack
Les habitants interpellent l’État face à une insalubrité devenue insoutenable
Par Mamadou Camara – Camou Communication
Entre l’ancienne gare routière communément appelée garage Nioro, la pharmacie et l’intérieur du quartier, Ndangane vit au rythme d’une crise environnementale et sanitaire majeure. Les eaux usées s’écoulent librement dans les ruelles, formant des flaques nauséabondes qui stagnent des jours entiers.
Malgré les efforts communautaires de certaines artères, la situation reste désespérante. Les canaux à ciel ouvert, obstrués par les ordures, débordent à la moindre pluie. L’odeur pestilentielle qui s’en dégage est devenue le quotidien des habitants.
> « Nous sommes exposés à diverses maladies. Nos enfants pataugent dans les eaux usées pour aller à l’école. À l’entrée du quartier, malgré le pavage, les eaux stagnantes nous dérangent. Nous interpellons les autorités au plus haut niveau pour nous venir en aide », déplore Fatou Kiné Diassé, habitante de Ndangane.
La situation est tout aussi alarmante pour Mor Sylla, autre résident du quartier, qui tire la sonnette d’alarme :
> « La situation va de mal en pis. Cette année, nous avons envoyé presque tous nos enfants et nos familles dans des structures sanitaires pour se faire soigner à cause des moustiques. Nous avons mené des actions citoyennes, mais rien n’a changé. Nous lançons un appel à l’État et au ministre de l’Assainissement pour nous aider », confie-t-il, visiblement désabusé.
Au-delà des habitations, les lieux de culte ne sont pas épargnés. Un notable du quartier, très présent à la mosquée, témoigne de la détresse des fidèles :
> « Pour aller à la mosquée, les personnes âgées sont obligées de patauger dans les eaux sales. Avec les souillures, une fois à la mosquée, elles sont contraintes de reprendre leurs ablutions. C’est la même chose pour les vieilles mamans. À défaut d’une solution immédiate, qu’on nous aide au moins à évacuer ces eaux usées et stagnantes qui constituent un vrai problème de santé pour les personnes du troisième âge », plaide Baye Niass, habitant respecté du quartier.
Entre insalubrité, stagnation des eaux et absence de solutions durables, Ndangane est aujourd’hui une zone à risque élevé où la santé publique est directement menacée. Enfants, femmes et populations vulnérables vivent dans la crainte des maladies hydriques et des infections liées à la prolifération des moustiques.
Un appel pressant à l’action
Les populations demandent une intervention immédiate des autorités locales et nationales :
Curage et réhabilitation du canal principal entre le garage Nioro, la pharmacie et le cœur du quartier.
Mise en place d’un dispositif permanent de drainage et de suivi sanitaire.
Raccordement des ménages au réseau collectif d’assainissement.
Ndangane ne veut plus être oublié. L’heure n’est plus aux constats, mais à l’action.
Le cri des habitants est clair : vivre dans un environnement sain n’est pas un luxe, mais un droit fondamental.
