Kaolack : ces oubliés du courage qui ont bravé la peur pour sauver la démocratie
Menacés, arrêtés, empoisonnés ou contraints à l’exil — ces fils et filles du Saloum ont tout donné pour défendre la liberté. Aujourd’hui, ils réclament seulement la reconnaissance d’un pays qu’ils ont aidé à libérer.
Leur combat pour la vérité
Kaolack, ville symbole de résistance, a connu des heures sombres où soutenir le PASTEF ou le duo Diomaye–Sonko relevait du courage ultime.
Pendant que beaucoup se taisaient, Pape Simakha, coordonnateur national du mouvement Aar Sunu Projet, Ndeye Fatou Niang, militante inflexible issue de la gauche, Pape Gadiaga du collectif Y’en a Marre, et Adji Ndao, ressortissante kaolackoise vivant en Europe, ont choisi de rester debout face à l’arbitraire.
Tous ces citoyens aujourd’hui vivants ont subi intimidations, arrestations arbitraires, et dans certains cas, des tentatives d’empoisonnement présumées lors de leur détention.
Ils ne cherchaient ni privilège ni fonction, mais seulement la liberté et la justice pour leur peuple.
Témoignages bouleversants de proches et de familles
Un proche de Pape Simakha se souvient avec émotion :
> « Il ne mangeait plus les repas qu’on lui servait en prison. Il disait toujours : Je préfère mourir libre que vivre sous la peur. Il est sorti affaibli, mais jamais vaincu. »
À propos de Ndeye Fatou Niang, une parente raconte :
> « Elle a été empoisonnée selon le médecin qu’on a consulté à sa libération. Son corps tremblait, ses reins étaient atteints. Malgré cela, elle disait : Je ne regrette rien, parce qu’on a fait reculer la peur. »
Concernant Pape Gadiaga, la source rapporte :
> « Ce qui l’a le plus blessé, c’est que ses rastas, qu’il portait depuis plus de vingt ans, ont été coupés pendant sa garde à vue. Lors de son retour du parquet, il était avec de jeunes interpellés pour la première fois. Il les réconfortait, leur racontait des contes pour apaiser leur peur. On ne l’a pas malmené ni torturé physiquement, mais il a beaucoup souffert moralement. Durant son séjour carcéral, il a su accompagner et redonner espoir à ces jeunes démoralisés. »
Concernant Adji Ndao (fille de feu El Hadji Omar Ndao, Léona Kaolack), un proche confie :
> « Venue en vacances au Sénégal, elle a été arrêtée et emprisonnée en mars 2023. Elle a tout perdu : son emploi, sa santé, mais pas sa foi. Elle disait toujours que la liberté d’un peuple vaut plus qu’un confort personnel. »
Blessés, élèves et professeurs détenus : la jeunesse en première ligne
La répression ne s’est pas limitée aux figures connues.
Dans plusieurs communes du département, des élèves, enseignants et militants du PASTEF ont été interpellés, blessés ou emprisonnés simplement pour avoir participé à des marches pacifiques ou publié un message de soutien sur les réseaux sociaux.
Certains lycéens de Kaolack et Nioro ont passé plusieurs semaines en détention préventive avant d’être libérés sans jugement.
Des professeurs, eux aussi membres de syndicats ou sympathisants du parti dissous à l’époque, ont été suspendus de leurs fonctions.
Leur seul tort : avoir réclamé plus de justice et dénoncé la violence politique.
Aujourd’hui encore, beaucoup d’entre eux vivent avec les stigmates physiques et moraux de ces événements.
Ils continuent d’espérer une réhabilitation officielle et un geste de reconnaissance de la Nation.
Des héros dans l’ombre
Ces récits poignants rappellent que le prix de la démocratie n’a pas été payé seulement dans les urnes, mais dans la souffrance et la dignité.
À Kaolack, plusieurs de ces militants vivent aujourd’hui dans la discrétion, sans reconnaissance, ni appui matériel.
Pourtant, sans eux, le Sénégal aurait pu basculer dans un silence autoritaire.
Leur engagement désintéressé demeure une leçon de patriotisme, de fidélité et de courage.
Un appel à la mémoire et à la reconnaissance
Les familles appellent aujourd’hui à une reconnaissance nationale, non pas par ambition, mais par respect de la vérité historique.
> « Nos enfants doivent savoir qui a risqué sa vie pour que le peuple puisse parler librement aujourd’hui, » confie une mère de détenu, la voix tremblante.
Kaolack, terre du courage et de la dignité, demande simplement qu’on rende hommage à ses fils et filles qui ont tout donné pour la liberté.
Appel au Président de la République et au Premier ministre
Les habitants du Saloum, les anciens détenus, leurs familles et leurs soutiens lancent un appel solennel au duo présidentiel, Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko :
> « Ne les oubliez pas. Ne trahissez pas miraculeusement ceux qui ont risqué leur vie pour que la démocratie survive. »
Ils précisent qu’ils ne sont pas demandeurs de privilèges ni de récompenses, mais simplement des citoyens épris de paix et de justice qui tiennent à rappeler la mémoire de ceux qui ont tout sacrifié.
Leur souhait est que la Nation reconnaisse leurs souffrances et que la nouvelle ère politique tienne ses promesses de justice, de vérité et d’équité.
Ces hommes et femmes de conviction ont porté haut le flambeau de la liberté dans l’un des contextes les plus dangereux de l’histoire politique récente.
Leur engagement mérite reconnaissance, soutien et hommage.
Car honorer les victimes et rescapés d’hier,
c’est protéger la justice et la liberté d’aujourd’hui.
