Kaolack : ces oubliés du courage qui ont bravé la peur pour sauver la démocratie
Menacés, arrêtés, empoisonnés ou contraints à l’exil — ces fils et filles du Saloum ont tout donné pour défendre la liberté.
Aujourd’hui, ils ne réclament ni postes ni privilèges, mais la simple reconnaissance d’un pays qu’ils ont aidé à libérer du silence et de la peur.
Leur combat pour la vérité
Kaolack, cité du courage et de la dignité, fut l’un des bastions de la résistance démocratique à une époque où soutenir le PASTEF ou le duo Diomaye–Sonko relevait d’un véritable acte de bravoure.
Pendant que d’autres se taisaient, Pape Simakha, coordonnateur national du mouvement Aar Sunu Projet, Ndeye Fatou Niang, militante de gauche inflexible, Pape Gadiaga du collectif Y’en a Marre, et Adji Ndao, ressortissante kaolackoise vivant en Europe, ont choisi de tenir tête à l’arbitraire et de dire non à la peur.
Tous ont connu la prison, l’humiliation, les privations, parfois même des tentatives d’empoisonnement présumées.
Mais aucun n’a fléchi. Leur seul tort : avoir défendu la vérité, la justice et la liberté pour leur peuple.
Pape Simakha, la voix du courage et de la constance
Symbole du militantisme lucide et du courage tranquille, Pape Simakha a incarné la résistance citoyenne dans sa forme la plus noble.
Arrêté pour ses prises de position en faveur de la transparence et de la souveraineté nationale, il a subi de lourdes épreuves durant sa détention.
Un proche témoigne :
> « Il ne mangeait plus les repas qu’on lui servait en prison. Il disait toujours : Je préfère mourir libre que vivre sous la peur. Il est sorti affaibli, amaigri, mais jamais vaincu. »
Engagé dès les premières heures du combat contre l’injustice, Pape Simakha s’est distingué par son sens du collectif. À la tête du mouvement Aar Sunu Projet, il a su mobiliser des centaines de jeunes autour d’un idéal de citoyenneté responsable et de réforme démocratique.
Même après sa libération, il a poursuivi son action, appelant à l’unité nationale et à la réconciliation sans renier ses convictions.
Son combat est aujourd’hui celui de toute une génération de militants restés dans l’ombre mais qui ont payé de leur liberté le prix de la démocratie.
Ndeye Fatou Niang : la militante au corps meurtri, mais à l’âme invincible
Issue des rangs de la gauche, Ndeye Fatou Niang a été victime d’un empoisonnement présumé, selon un rapport médical établi à sa libération.
Une parente confie :
> « Son corps tremblait, ses reins étaient atteints. Malgré cela, elle disait : Je ne regrette rien, parce qu’on a fait reculer la peur. »
Son courage force encore le respect dans tout Kaolack.
Pape Gadiaga : l’esprit libre de Y’en a Marre
Pour Pape Gadiaga, c’est la dignité morale qui fut la plus durement éprouvée.
> « Ce qui l’a le plus blessé, c’est que ses rastas, qu’il portait depuis vingt ans, ont été coupés pendant sa garde à vue. Mais même là, il gardait le sourire et consolait les jeunes interpellés pour la première fois », raconte un compagnon de détention.
Il n’a pas été torturé physiquement, mais moralement, il a vécu l’humiliation.
Pourtant, dans la douleur, il est resté un phare de courage pour les autres détenus.
Adji Ndao : la voix de l’exil et de la foi
Fille de feu El Hadji Omar Ndao, native de Léona Kaolack, Adji Ndao a été arrêtée en mars 2023 alors qu’elle était simplement venue passer ses vacances au Sénégal.
> « Elle a tout perdu : son emploi, sa santé, mais pas sa foi. Elle disait toujours que la liberté d’un peuple vaut plus qu’un confort personnel », confie un proche.
Son parcours symbolise celui de la diaspora engagée, prête à risquer le pire pour défendre le droit et la justice.
Jeunes, professeurs, citoyens : la répression sans distinction
Au-delà des figures emblématiques, des dizaines de jeunes élèves, enseignants et citoyens ordinaires ont été arrêtés dans tout le département de Kaolack.
Des lycéens de Kaolack et Nioro ont passé plusieurs semaines en détention préventive, souvent sans jugement.
Des enseignants ont été suspendus simplement pour avoir exprimé leur soutien à la démocratie.
Certains portent encore les séquelles physiques et morales de ces épreuves.
Des héros dans l’ombre
Ces femmes et ces hommes n’ont pas cherché la lumière.
Ils ont agi par conviction, souvent au péril de leur vie, pour que triomphent la vérité et la dignité.
Aujourd’hui, ils vivent dans la discrétion, oubliés par une Nation qui leur doit pourtant beaucoup.
Leur combat silencieux rappelle que la démocratie ne se gagne pas seulement dans les urnes, mais aussi dans le courage de ceux qui ont refusé de se taire.
Un appel à la mémoire et à la reconnaissance
Les familles, anciens détenus et soutiens lancent un appel solennel au duo présidentiel Bassirou Diomaye Faye – Ousmane Sonko :
> « Ne les oubliez pas. Ne trahissez pas ceux qui ont risqué leur vie pour que la démocratie survive. »
Ils ne demandent pas de récompense, mais un acte de reconnaissance — un geste symbolique pour honorer le sacrifice de ces citoyens épris de paix et de justice.
Car honorer les victimes et les résistants d’hier,
c’est protéger la liberté et la justice d’aujourd’hui.
Kaolack, terre du courage, demande que la Nation se souvienne.
Et que ceux qui ont tenu tête à la peur soient enfin célébrés comme ce qu’ils sont :
les gardiens silencieux de la démocratie sénégalaise.
