Sénégal : Le journaliste Malick Bà fustige le cirque polico-médiatique des journalistes sans pudeur et dignité

Cheikh Yerim Seck et Maïmouna Ndour Faye : Duo de l’apocalypse télévisée

 

Hier soir, sur 7TV, le grand cirque politico-médiatique a encore ouvert ses portes, avec Cheikh Yerim Seck en maître de piste essoufflé, et Maïmouna Ndour Faye en acrobate du drame, prête à faire des cabrioles intellectuelles pour arracher trois frissons à une audience déjà fatiguée. Yerim, le copain d’Adamo, l’homme qui transforme chaque plateau télé en confessionnal de mensonges, a encore lâché sa grande prophétie du samedi : “Diomaye doit invoquer l’article 52 ! Limoger Sonko ! Nommer un technocrate !” Un numéro tellement répété qu’on entendait presque les ficelles grincer.

 

Et au moment où Yerim s’écroulait sous le poids de ses propres scénarios catastrophes, Maïmouna — toujours en embuscade, l’œil vif comme une vendeuse de nuits blanches — a glissé le nom de Makhtar Diop avec la délicatesse d’une vendeuse de parfum qui chuchote : “Essayez celui-là, il tient plus longtemps…” On a senti dans son sourire l’air de dire : “Voilà, j’ai placé mon pion, à vous de jouer.”

 

Les deux, dans leur excitations mal contenues, donnaient l’impression d’être en mission commandée. Quand ils ouvrent la bouche, on entend presque les pages d’un scénario rédigé ailleurs. Ils n’informent pas, non. Ils récitent. Et parfois, quand ils récitent trop vite, ils se trahissent. Yerim, lui, on dirait qu’il ment comme on fait de l’apnée : d’un trait, sans respirer, avec un visage qui rougit comme un moteur chinois tournant à sec.

 

Il parlait d’une “situation alarmante”, d’un pays au bord du gouffre, d’un Diomaye obligé de sortir l’article 52 comme une arme nucléaire. Mais l’alarme, c’était surtout son propre enthousiasme à imaginer le chaos. Parce que la vérité — celle qu’il évite comme un rendez-vous chez le dentiste — c’est que la situation économique n’est pas aussi catastrophique qu’il le souhaitait pour nourrir son récit. Mais Yerim et les faits, c’est comme Yerim et les prédictions : ça fait deux. Il n’a même pas su prédire des résultats législatifs que tout le monde voyait arriver, du tailleur de pierre au vendeur de maïs grillé. Et voilà nous sommes sûrs qu’il est payé par des think-tanks pour anticiper 2050. Si les think-tanks l’écoutent, ils doivent déjà prévoir la fin du monde pour mardi prochain.

 

Pendant qu’il moulinait ses visions apocalyptiques, Maïmouna jouait les chefs d’orchestre du désordre contrôlé, savourant chaque secousse politique comme une friandise. On aurait dit qu’elle espérait secrètement que la crise s’aggrave, histoire d’avoir un peu plus de matière pour ses notes croustillantes. La voir se réjouir du moindre hoquet institutionnel, c’était comme regarder quelqu’un applaudir quand un avion traverse une zone de turbulences. Indécente, oui. Et la décence, sur 7TV hier soir, était manifestement en congé maladie.

 

Leur excitation commune trahissait presque une joie coupable : deux personnages qui, au lieu de souhaiter la stabilité du pays, semblaient prier pour la tempête. À force de grimaces, de rires nerveux et de phrases qui glissent comme de l’huile tiède, on aurait dit qu’ils espéraient secrètement que Diomaye et Mimi Toure leur envoient enfin une lettre d’embauche. Peut-être que tout ce vacarme n’est que ça : un CV médiatique lancé en l’air, dans l’espoir que quelqu’un l’attrape.

 

Mais hier soir, sur ce plateau transformé en théâtre d’ombres, Yerim et Maïmouna ont offert un spectacle où la manipulation dansait avec la mauvaise foi, où les petits mensonges voulaient jouer dans la cour des grandes analyses. Une comédie, oui. Une farce. Une pièce montée à coups de fantasmes politiques, de noms soufflés au hasard, et d’une gourmandise malsaine pour les fissures du pays.

 

Un numéro salace, bruyant, et tellement prévisible que même les téléspectateurs ont dû bâiller avant la fin.

 

Malick BA

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