Deux coordonnateurs pour un seul poste, une administration déboussolée et un profond malaise au sein du personnel
La coordination des projets Agropoles du Sénégal, plus connue sous l’appellation PZTA-Agropoles, traverse une zone de fortes turbulences administratives. Au cœur de la polémique : la nomination par décret de Aïssatou Diallo à un poste de coordination déjà occupé, selon plusieurs sources internes, créant ainsi une situation inédite de dyarchie qui alimente confusion, tensions et inquiétudes au sein de l’administration.
D’après des informations concordantes, le poste de coordonnateur national devrait normalement être pourvu à travers un appel à candidatures conformément aux procédures de gouvernance et aux exigences de transparence généralement appliquées dans les projets financés avec l’appui de partenaires techniques et financiers. Mais la désignation de Mme Diallo par décret présidentiel aurait bouleversé l’équilibre institutionnel déjà en place.
Résultat : le projet se retrouve aujourd’hui avec deux responsables se réclamant de la coordination, une situation qui provoque un véritable malaise dans les services administratifs et techniques. Entre instructions contradictoires, incertitudes hiérarchiques et blocages dans la prise de décision, plusieurs agents disent ne plus savoir à quelle autorité se référer.
Au-delà de la confusion administrative, cette situation soulève également des interrogations sur la gestion des ressources publiques. Deux coordonnateurs pour un seul poste impliqueraient, de facto, deux rémunérations, deux cabinets de fonctionnement et une duplication des charges dans un contexte où les appels à la rationalisation des dépenses publiques se multiplient.
Dans les couloirs de la coordination, le climat social se serait fortement détérioré. Des travailleurs évoquent une administration paralysée, minée par les rivalités internes et l’incertitude institutionnelle. Certains craignent même un ralentissement des activités opérationnelles des Agropoles, un programme pourtant présenté comme stratégique pour la transformation agricole, l’industrialisation et l’emploi des jeunes au Sénégal.
Le ministre Serigne Guèye Diop est particulièrement pointé du doigt dans cette affaire. Des voix s’interrogent sur les motivations ayant conduit à cette configuration jugée atypique, alors que les règles de gouvernance des projets publics recommandent généralement une chaîne de commandement claire et unifiée.
Cette crise intervient dans un contexte où les autorités sénégalaises affichent leur volonté de promouvoir la bonne gouvernance, la transparence et l’efficacité dans la gestion des projets publics. Pour plusieurs observateurs, la situation actuelle au sein du PZTA-Agropoles risque de fragiliser la crédibilité administrative du programme si des clarifications rapides ne sont pas apportées.
En attendant une éventuelle réaction officielle des autorités compétentes, le personnel continue de travailler dans un climat d’incertitude, avec la crainte que cette guerre de leadership ne finisse par affecter les performances et les ambitions d’un projet considéré comme un levier majeur du développement agro-industriel du Sénégal.
