Affaire Amir Abo : les éléments de l’enquête qui contredisent ses accusations contre la DIC
Des documents et faits versés au dossier remettent en cause les allégations formulées par Amir Abo à l’encontre de la Division des investigations criminelles (DIC) et du commissaire Babacar Mbaye Diouf.
L’affaire Amir Abo continue d’alimenter les débats. Alors que le mis en cause a récemment multiplié les sorties médiatiques pour dénoncer ce qu’il qualifie de manœuvres de la DIC, plusieurs éléments contenus dans la procédure judiciaire apportent une version différente des faits.
L’origine du dossier remonte à une enquête portant sur l’utilisation frauduleuse de chèques soustraits au Trésor public. Selon les informations recueillies dans le cadre des investigations, une dame identifiée sous le nom de Mame Diarra Tall, impliquée dans des opérations de dédouanement, aurait sollicité l’aide d’Amir Abo alors qu’elle craignait des poursuites judiciaires.
D’après les déclarations recueillies, Amir Abo lui aurait réclamé 100 millions de FCFA en affirmant pouvoir intervenir auprès de hautes autorités afin de lui éviter toute poursuite. Par la suite, estimant avoir été trompée, Mame Diarra Tall aurait remboursé les sommes dues au Trésor public avant de saisir la DIC pour obtenir la restitution des 100 millions de FCFA qu’elle affirme avoir versés.
Lors de son audition, Amir Abo aurait soutenu avoir remis cet argent à l’ancien Premier ministre Ousmane Sonko. Une version qui a été publiquement démentie par l’intéressé à travers son conseil.
Selon les éléments du dossier, un remboursement de 100 millions de FCFA aurait finalement été effectué par le biais des avocats des deux parties. Une correspondance déposée auprès des enquêteurs attesterait que la somme a été reçue pour le compte de la plaignante, laquelle aurait ensuite renoncé à toute action dirigée contre Amir Abo dans cette procédure.
Malgré ce désistement, les enquêteurs ont poursuivi leurs investigations, estimant que la gravité des faits et l’existence d’éventuelles autres victimes justifiaient la continuation de la procédure. Cette orientation a conduit à l’apparition de nouvelles plaintes, notamment de la part de l’homme d’affaires Pierre Goudiaby Atépa et d’un représentant du groupe Gelongal, pour des faits similaires.
À l’issue de l’enquête, Amir Abo a été déféré devant le Pool judiciaire financier avant d’être placé sous mandat de dépôt par le juge d’instruction.
Concernant les accusations visant le commissaire Babacar Mbaye Diouf, les responsables de l’enquête contestent toute irrégularité et affirment avoir agi dans le strict respect des procédures légales.
Les déclarations relatives à une supposée utilisation abusive des véhicules saisis ont également été rejetées. Selon les informations disponibles, les véhicules concernés demeurent immobilisés dans le cadre de la procédure judiciaire et leur éventuelle restitution relève exclusivement de la compétence du juge d’instruction.
Cette affaire illustre ainsi l’opposition entre la stratégie de défense développée par Amir Abo et les éléments matériels versés dans le dossier judiciaire, dont l’appréciation finale revient désormais aux autorités compétentes. :::
