Alerte au Chef de l’Etat , au Premier ministre, au ministre de la santé , aux autorités administratives, locales , médicales et acteurs de la santé

Pour protéger la sécurité des blouses blanches et du personnel administratif, une vigilance accrue s’impose aujourd’hui dans plusieurs structures sanitaires du pays.

Dans de nombreux hôpitaux, centres de santé et postes de santé, le constat est clair : certaines personnes mal intentionnées tentent de nouer des relations avec le personnel médical ou administratif dans le but de faciliter leurs forfaits. Souvent bien habillées et apparemment respectables, elles fréquentent régulièrement les structures sanitaires en essayant de créer des relations amicales avec les agents en service.

En réalité, leur objectif peut être tout autre. Certaines profiteraient de cette proximité apparente pour approcher des accompagnants ou des patients et les tromper en leur faisant croire qu’elles disposent de relations privilégiées avec le personnel soignant. Une démarche qui n’est généralement pas gratuite.

Le cas du service d’ophtalmologie de l’hôpital de Kaolack illustre cette problématique. Un certain M. Mboup est accusé d’avoir intercepté des patients afin de les convaincre qu’il pouvait les aider dans leurs démarches de soins ou d’interventions médicales. Aujourd’hui, selon les informations disponibles, il a été rattrapé par ses pratiques présumées et a été déféré ce mercredi pour des faits d’escroquerie et d’abus de confiance sur un patient qui se rendait au service d’ophtalmologie de l’hôpital de Kaolack.

Les médecins ainsi que le personnel administratif des structures sanitaires méritent d’être encouragés pour leur noble mission. Mais ils ont également besoin d’être davantage protégés.

Des individus dont les intentions restent parfois inconnues fréquenteraient certains hôpitaux et centres de santé sous couvert d’intermédiation ou de facilitation. Cette situation interpelle.

Personne n’a vocation à fréquenter un lieu de travail en dehors du personnel administratif, du personnel soignant et des travailleurs autorisés, hormis les patients et leurs accompagnants dans les espaces prévus à cet effet. Dans certaines structures sanitaires, des mesures pourraient être renforcées afin d’éviter certaines pratiques impliquant des personnes qui entrent et sortent librement sans justification claire.

La vigilance est d’autant plus nécessaire qu’il n’est pas exclu que des accompagnants ou des patients puissent être victimes de vols de biens personnels, notamment d’argent ou de téléphones. Le personnel soignant lui-même n’est pas à l’abri de tels risques.

D’où la nécessité d’une plus grande rigueur dans le contrôle des entrées et sorties des tierces personnes.

Un contrôle rigoureux des services de soins apparaît également indispensable afin que des personnes animées de mauvaise foi ne profitent pas de certaines situations pour tromper des patients ou des accompagnants, notamment ceux venant du monde rural et qui connaissent parfois moins les procédures administratives ou médicales.

Il convient de rappeler qu’un patient n’a pas besoin d’intermédiaire ou de facilitateur pour consulter un médecin.

Parfois, le manque à gagner peut être important pour les structures sanitaires elles-mêmes. Une personne mal intentionnée pourrait encaisser l’argent d’un patient peu informé avant de solliciter ensuite le service concerné. Dans une telle situation, c’est l’établissement sanitaire qui en souffre, car les sommes qui devraient être versées dans les circuits officiels pourraient profiter à des intercepteurs ou à des courtiers agissant en marge du système.

Aujourd’hui, dans plusieurs services, le personnel fait preuve de prudence. Mais si l’on parvient à mieux encadrer la présence des personnes qui ne travaillent pas dans les structures sanitaires et qui s’y rendent pour d’autres objectifs que les soins ou l’accompagnement des malades, cela contribuerait à préserver l’éthique et la déontologie qui doivent gouverner ces établissements.

Les structures sanitaires ne sont ni des marchés publics ni des « grandes places » où chacun peut circuler librement sans motif valable.

Cet éditorial se veut une alerte et un appel à la vigilance face aux personnes mal intentionnées qui pourraient profiter de certaines relations amicales ou de situations de confiance pour tirer profit de patients ou d’accompagnants innocents.

Les autorités médicales sont ainsi alertées sur la nécessité de renforcer davantage la prévention, le contrôle et la sensibilisation dans les structures sanitaires afin de protéger les usagers, le personnel et l’image du service public de santé.

Mamadou Camara Journaliste

Kaolack

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