Journalisme au Sénégal : un frein à l’évolution de notre démocratie ?

Depuis quatre ans, certains journalistes et chroniqueurs, autrefois considérés comme des références dans les médias, ont progressivement révélé leurs limites intellectuelles. Présentés comme des figures incontournables de l’espace public, ils se sont enfermés dans des débats répétitifs et souvent éloignés des véritables préoccupations des Sénégalais.

Pendant que le pays fait face à des défis majeurs dans les secteurs de l’agriculture, de la pêche, de la santé, de l’éducation et de l’emploi, une partie des médias continue de concentrer son attention sur les mêmes sujets politiques, au détriment des questions de développement.

Au fil du temps, plusieurs de ces confrères et consœurs, à quelques exceptions près, ont vu leur crédibilité s’éroder. Les citoyens les plus avertis, qui les suivaient avec intérêt, ont découvert chez eux des insuffisances en matière d’analyse, d’objectivité et de rigueur professionnelle. Cette situation explique en partie la baisse de l’intérêt du public pour certains débats politiques télévisés ou radiophoniques.

Un journaliste compétent, doté d’une solide formation, d’une culture générale approfondie et d’une réelle expertise, trouve toujours son public. En revanche, les citoyens n’ont plus de temps à consacrer aux polémiques stériles, aux règlements de comptes ou aux débats sans valeur ajoutée.

Il est temps que la presse sénégalaise prenne un nouveau départ. Une réflexion approfondie sur l’application du Code de la presse, l’éthique et la déontologie journalistiques s’impose.

Avant tout, un journaliste, qu’il soit diplômé ou non, demeure un citoyen comme les autres. Son statut ne doit jamais lui servir de prétexte pour insulter, calomnier ou nuire à des personnalités ou à des citoyens. De tels comportements relèvent davantage de l’immaturité que du professionnalisme.

Nous devons préserver cette noble profession. La laisser se dégrader constituerait un échec collectif pour les doyens, les professionnels des médias et l’ensemble des acteurs de la presse.

Le Sénégal a besoin d’une presse équilibrée, indépendante et responsable. Il a besoin de journalistes qui ne soient ni des thuriféraires du pouvoir, ni des propagandistes de l’opposition, ni des acteurs guidés par des intérêts mercantiles. Une presse qui nourrit la haine, la manipulation ou les divisions constitue un frein à la morale, à la dignité et au progrès démocratique.

Ce qui se passe aujourd’hui dans certains espaces médiatiques est préoccupant et mérite une profonde réflexion de la part de tous les acteurs concernés.

.Mamadou Camara, journaliste-Communicant. Kaolack

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