Inondations à Kaolack : entre les efforts du maire et les responsabilités de l’ Etat , l’heure des vérités

À chaque hivernage, le même scénario se répète. Les fortes pluies transforment plusieurs quartiers de Kaolack en zones difficiles d’accès, ravivant les inquiétudes des populations face aux inondations. Si les critiques fusent de toutes parts, une question mérite d’être posée avec objectivité : qui est réellement responsable de l’assainissement ?

Il faut reconnaître que l’État du Sénégal, à travers le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Cheikh Tidiane Dièye, ainsi que les services compétents, déploie des efforts pour lutter contre les inondations récurrentes dans plusieurs localités du pays.

À Kaolack, la municipalité dirigée par Serigne Mboup ne reste pas les bras croisés. Depuis son accession à la tête de la mairie, des campagnes pré-hivernales sont régulièrement organisées dans plusieurs quartiers, notamment aux Parcelles Assainies, à Thioffack, Sam, Ndangane, Darou Salam, Gawane et bien d’autres. Des pelles mécaniques, des camions et divers engins sont mobilisés pour le curage des caniveaux, le désensablement et le débouchage des ouvrages de drainage afin de limiter les conséquences des pluies. L’ adjointe au maire chargée de ce volet Madjiguene Diouf est visible sur le terrain pour superviser et veiller sur la situation.

Cependant, il est important de rappeler une réalité souvent ignorée : l’assainissement relève principalement des compétences de l’État. Les collectivités territoriales disposent de moyens financiers très limités, essentiellement issus des taxes municipales. Ces ressources peinent déjà à couvrir les nombreuses compétences transférées, notamment dans les secteurs de la santé, de l’éducation ou encore de l’environnement.

Dans ces conditions, il serait illusoire d’attendre d’une municipalité qu’elle mette définitivement fin à un phénomène aussi complexe que les inondations sans un accompagnement massif de l’État.

Aujourd’hui, la mairie de Kaolack consent des efforts qui dépassent largement ses capacités financières. Mais pour apporter une réponse durable, seule une volonté politique forte, accompagnée d’investissements conséquents de l’État, permettra de doter les collectivités des infrastructures et des moyens nécessaires.

Au-delà des polémiques, l’intérêt des populations doit rester la priorité. La lutte contre les inondations ne peut être gagnée que dans un partenariat sincère entre l’État et les collectivités territoriales. Faute de quoi, ce sont, comme toujours, les citoyens qui continueront à payer le prix des insuffisances structurelles.

Mamadou Camara

Journaliste

Camou Communication – Kaolack

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