Le logement de fonction n’est pas un avantage acquis à vie. Il constitue une facilité accordée à un agent public en raison des responsabilités qu’il exerce, des contraintes liées à son poste ou des nécessités du service. Dès lors que la fonction disparaît, la logique administrative veut que le bénéfice lié à cette fonction cesse également.
Pourtant, dans de nombreux pays, la question revient régulièrement : des hauts responsables, directeurs généraux, magistrats, militaires ou administrateurs continuent parfois d’occuper des logements appartenant à l’État plusieurs mois, voire plusieurs années après avoir quitté leurs postes. Cette situation soulève une interrogation légitime sur l’égalité devant le service public et sur la gestion du patrimoine collectif.
Un logement de fonction n’est pas une propriété personnelle. Il appartient à la collectivité et doit rester disponible pour celui ou celle qui assume désormais la mission correspondante. Maintenir un ancien responsable dans un logement administratif sans base légale claire revient à transformer un outil de service en avantage privé.
Certains peuvent invoquer des raisons sociales, familiales ou des difficultés de relogement. Ces arguments peuvent être entendus lorsqu’une période transitoire est prévue par les textes. Mais une occupation prolongée, sans autorisation exceptionnelle et sans limite précise, devient une forme d’appropriation indue d’un bien public.
La question dépasse donc le simple cas d’un logement. Elle touche à la culture de la responsabilité publique. L’État doit appliquer des règles identiques pour tous : celui qui quitte une fonction doit normalement libérer les moyens attachés à cette fonction.
La bonne gouvernance exige de distinguer les droits liés au statut personnel des avantages liés à la mission. Un ancien responsable conserve son honneur, son parcours et ses droits acquis ; il ne conserve pas automatiquement les instruments matériels de la charge qu’il n’exerce plus.
La transparence dans la gestion des logements de fonction serait un signal fort de respect des citoyens et des finances publiques. Le patrimoine de l’État appartient à tous : il ne doit être ni un privilège permanent, ni un héritage réservé à quelques-uns.
Mamadou Camara, journalisteCamou Communication
Kaolack
