Pastef est le principal adversaire de Pastef à Kaolack

À Kaolack, une question mérite d’être posée avec lucidité : le principal défi de Pastef ne viendrait-il pas de ses propres rangs ? À la veille du lancement officiel de la vente des cartes de membre, le moment aurait dû être celui d’une grande mobilisation, d’un rassemblement de toutes les forces vives et d’une démonstration d’unité. Pourtant, sur le terrain, des frustrations, des rivalités internes et des difficultés de management semblent progressivement fragiliser la dynamique du parti.

Dans une organisation politique qui ambitionne de durer, la discipline, l’ouverture, la communication interne, le management inclusif, le marketing politique et la cohésion sont des éléments indispensables. Or, à Kaolack, il est devenu rare de voir les responsables locaux travailler ensemble autour d’activités communes. Chacun semble parfois évoluer dans son propre espace, organisant ses initiatives de manière isolée.

Cette absence de coordination nourrit des incompréhensions et peut installer un sentiment de découragement chez certains militants et responsables. Des voix s’élèvent pour dénoncer des mises à l’écart, des frustrations liées à la gestion des activités et une impression que certaines décisions seraient prises sans une large concertation.

Un parti politique ne peut cependant se construire dans la fermeture. Sa force réside dans sa capacité à reconnaître les compétences des uns et des autres, à valoriser les initiatives et à créer un cadre où chaque militant se sent utile et respecté.

Il faut rappeler que la progression de Pastef n’est pas uniquement le fruit de ses structures officielles. Elle repose aussi sur l’engagement remarquable de milliers de sympathisants : des citoyens apolitiques, des jeunes, des personnes du troisième âge, des leaders d’opinion et des Sénégalais convaincus par la vision portée par le président Ousmane Sonko. Beaucoup d’entre eux ont contribué à donner une véritable force populaire au parti.

Aujourd’hui, certains sympathisants apparaissent parfois plus engagés sur le terrain que certains responsables. Cette réalité devrait inviter à davantage d’humilité. En politique, aucun responsable ne doit oublier que la légitimité se construit dans la proximité, le travail collectif et la capacité à mobiliser.

Le danger serait de croire que la dynamique politique repose sur quelques individus. La jalousie, les querelles de positionnement, les rivalités personnelles et un management peu inclusif ont souvent fragilisé de nombreuses organisations politiques.

Pendant ce temps, les adversaires de Pastef continuent d’occuper le terrain et commencent progressivement à reconquérir certains espaces électoraux perdus lors des précédentes échéances. Face à cette situation, le manque de visibilité, la nonchalance ou l’absence de stratégie collective pourraient coûter cher.

Le président Ousmane Sonko avait appelé ses proches à travailler à la massification du parti. Mais une ambition nationale exige une présence permanente sur le terrain, une organisation efficace et une capacité à rassembler toutes les sensibilités.

À Kaolack, l’heure n’est donc pas aux divisions, mais à la remobilisation. Pastef doit renforcer son unité, ouvrir davantage ses portes aux militants et sympathisants, et privilégier la collégialité dans l’action politique.

Car en politique, les plus grands adversaires ne sont pas toujours ceux qui se trouvent en face. Parfois, ils se trouvent à l’intérieur même de l’organisation.

Pastef est aujourd’hui son propre adversaire à Kaolack.

La prise de conscience et la correction des erreurs internes seront déterminantes pour éviter un réveil difficile face à une concurrence politique qui ne cesse de s’organiser.

Mamadou Camara

Journaliste-communicant

Kaolack

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comment 1 commentaire
  • LAMINE NIANG

    Très pertinent comme d’habitude monsieur Camara🙏

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