« La question à un million de dollars est : qui est la plus haute autorité de ce pays ? » C’est l’interrogation qui revient avec insistance depuis la déclaration de Me Ngagne Demba Touré, Directeur général de la SOMISEN. Lors d’une cérémonie de passation de service, il a révélé que « l’audit du portefeuille minier de l’État a été suspendu sur instruction de la plus haute autorité », sans toutefois préciser de quelle autorité il s’agissait.
Ces propos ont aussitôt ravivé le débat sur l’équilibre des pouvoirs et la gouvernance des ressources naturelles. Pour certains observateurs, cette sortie rappelle le contexte de la révision constitutionnelle par laquelle l’Assemblée nationale avait tenté de renforcer son rôle dans le contrôle des ressources naturelles, en réaffirmant qu’elles appartiennent au peuple. Cette réforme avait ensuite été contestée devant le Conseil constitutionnel, empêchant son entrée en vigueur.
La déclaration de Me Ngagne Demba Touré laisse ainsi place à diverses interprétations et alimente les interrogations sur le processus décisionnel concernant les ressources stratégiques du pays.
Reste désormais à savoir si l’audit minier sera relancé et si les autorités apporteront des éclaircissements sur les raisons de sa suspension. En attendant, cette déclaration continue de nourrir le débat public sur la transparence et la gestion des ressources naturelles au Sénégal.
