La proposition de modification de l’article 37 de la Constitution ravive les interrogations sur l’obligation de déclaration de patrimoine à la fin du mandat présidentiel et ses implications politiques.
Une proposition de loi visant à modifier l’article 37 de la Constitution, relatif à la déclaration de patrimoine du Président de la République, a été initiée par le député Amadou Bâ. Ce texte remet au cœur du débat une question qui avait déjà suscité de vives discussions : l’obligation pour le chef de l’État de déclarer son patrimoine à la fin de son mandat.
Cette initiative intervient alors que le président Bassirou Diomaye Faye avait effectivement déclaré son patrimoine à son entrée en fonction. Les critiques estiment toutefois que la suppression de l’obligation d’une déclaration en fin de mandat pourrait être perçue comme un recul en matière de transparence et de reddition des comptes.
Le sujet revêt une dimension symbolique, au regard du slogan « Jub, Jubal, Jubbanti », largement associé à la gouvernance prônée par les dirigeants de Pastef et présenté comme un engagement en faveur de l’éthique et de la bonne gouvernance.
Sur le plan juridique, une éventuelle modification de l’article 37 ne signifie pas, à elle seule, qu’un président serait empêché de briguer un second mandat. La possibilité de se représenter dépend des conditions d’éligibilité fixées par la Constitution et les lois en vigueur. En revanche, cette réforme pourrait nourrir un débat politique sur la cohérence entre les engagements de transparence affichés et les changements proposés.
La question reste donc ouverte : une telle révision constitutionnelle renforcerait-elle la confiance des citoyens dans les institutions, ou alimenterait-elle les interrogations sur l’exigence de transparence au sommet de l’État ?
