Transhumance politique : « la trahison  » silencieuse du suffrage universel ! .

Les députés et les maires ne sont pas désignés par hasard. Ils sont élus au suffrage universel direct, à l’issue d’un choix libre et réfléchi des citoyens. Des hommes et des femmes se lèvent tôt, parfois après de longues heures d’attente, pour accomplir leur devoir civique avec l’espoir que leur vote sera respecté pendant toute la durée du mandat.

Dès lors, une question fondamentale s’impose : un élu a-t-il le droit moral de changer de camp politique en cours de mandat, sans consulter ceux qui l’ont porté au pouvoir ?

Au-delà de la légalité, c’est la question de l’éthique qui est posée. En quittant le parti ou la coalition sous la bannière desquels il a été élu, un député ou un maire ne rompt-il pas le contrat de confiance qui le liait à ses électeurs ? Cette rupture ne ressemble-t-elle pas à une véritable trahison de la volonté populaire ?

Le mandat électif ne devrait jamais être considéré comme un bien personnel que l’on emporte au gré des intérêts ou des circonstances politiques. Il appartient d’abord au peuple. C’est le peuple qui confère sa légitimité à l’élu, et cette légitimité est intimement liée au projet politique qui lui a valu la confiance des électeurs.

La transhumance politique en cours de mandat comporte également un risque majeur pour l’avenir de ceux qui s’y livrent. Le jour où ces mêmes élus solliciteront à nouveau les suffrages des citoyens, avec quel discours reviendront-ils ? Oseront-ils regarder en face les électeurs qu’ils auront abandonnés ? Quels arguments pourront-ils avancer pour convaincre qu’ils méritent une nouvelle fois leur confiance ?

La mémoire politique des citoyens est parfois plus longue qu’on ne l’imagine. Les choix d’aujourd’hui peuvent devenir les regrets de demain. En démocratie, la fidélité aux engagements est souvent la première qualité attendue d’un représentant du peuple.

Le débat sur la transhumance ne concerne donc pas seulement les partis politiques. Il touche au respect du vote, à la crédibilité des institutions et à la confiance entre les citoyens et leurs représentants. Car lorsque cette confiance se fissure, c’est toute la démocratie qui s’en trouve fragilisée.

Mamadou Camara – Journaliste

Camou Communication

Kaolack

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