KAOLACK : HIVERNAGE CHAOTIQUE ENTRE PASSOIRE, KASNACK ET TABAYA , LES EAUX USÉES MENACENT LA SANTÉ DES RIVERAINS Égouts bouchés, eaux stagnantes et fosses septiques débordantes : les populations vivent chaque année le même calvaire

Kaolack — L’hivernage tourne une nouvelle fois au cauchemar pour plusieurs riverains des quartiers de Passoire, Kasnack et Tabaya. À proximité notamment du domicile de feu Idrissa Guèye, ancien président de la Chambre de commerce de Kaolack, non loin de chez l’imam Ahmad Dème Kane, les populations sont confrontées à une situation devenue préoccupante : des eaux usées stagnent dans les rues, tandis que les eaux provenant de fosses septiques peinent à être évacuées.

À l’origine de cette situation récurrente, des égouts bouchés qui empêchent l’écoulement normal des eaux. Conséquence : les eaux usées envahissent certains passages empruntés quotidiennement par les habitants, notamment les enfants et les élèves coraniques.

La situation est d’autant plus préoccupante que ces eaux stagnantes constituent un risque potentiel pour la santé publique. Les enfants qui fréquentent les daaras sont parfois obligés de traverser ces zones souillées pour se rendre à leurs cours ou rentrer chez eux.

Un calvaire qui revient chaque année

Le plus inquiétant pour les populations reste le caractère répétitif du phénomène. Chaque année, à la même période, le même scénario se reproduit. Les pluies mettent à nu les insuffisances du système d’assainissement et les habitants se retrouvent confrontés aux mêmes difficultés.

Une source qui s’est rendue au service de l’ONAS à Kaolack témoigne de sa démarche :

« J’ai fait une déclaration. On m’a remis un ticket numéroté et on m’a demandé d’attendre. On m’a dit qu’on allait m’appeler au téléphone. Je suis donc reparti dans l’attente. »

Cette situation traduit le désarroi de populations qui souhaitent surtout voir leurs problèmes pris en charge rapidement avant que la situation ne s’aggrave.

Les services techniques déjà sur le terrain

Il convient toutefois de saluer les interventions des services techniques de l’ONAS, qui sont actuellement mobilisés sur le terrain pour tenter de déboucher certains égouts, notamment dans la zone de Passoire.

Ces interventions sont nécessaires et témoignent de la mobilisation des agents confrontés à une situation difficile. Mais au-delà des opérations ponctuelles de curage, les populations souhaitent désormais des solutions durables.

Renforcer les moyens pour éviter une crise sanitaire

La question de l’assainissement dépasse largement les seules compétences municipales. Elle nécessite une coordination renforcée entre les différents services concernés et surtout des moyens matériels et humains à la hauteur des besoins de la ville.

Le recours à davantage de camions hydrocureurs, le renforcement des équipes d’intervention et l’amélioration du dispositif de maintenance des réseaux apparaissent comme des urgences.

Car il ne s’agit plus seulement d’une question de confort pour les riverains. Lorsque des eaux usées stagnent dans des rues fréquentées quotidiennement par des enfants, des élèves coraniques et des personnes âgées, la question devient clairement celle de la protection de la santé publique.

Des conditions particulièrement difficiles les vendredis

La situation prend une dimension encore plus sensible les vendredis, jour de la grande prière. Dans certaines zones, des personnes âgées et d’autres fidèles sont obligés de placer des briques ou des pierres pour tenter de se frayer un passage au milieu des eaux stagnantes.

Le risque est alors de souiller les vêtements avec des eaux usées avant même d’arriver au lieu de prière.

À Kaolack, les habitants de Passoire, Kasnack et Tabaya ne demandent pas l’impossible. Ils souhaitent simplement pouvoir circuler dans des rues assainies et vivre dans un environnement qui ne menace pas leur santé.

L’urgence est donc de sortir du cycle des interventions ponctuelles et de mettre en place une stratégie durable d’assainissement, particulièrement dans les zones régulièrement touchées pendant l’hivernage.

Mamadou Camara, Journaliste

Camou Communication

Kaolack

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