Recrutement spécial de 2500 enseignants : le SADEF alerte sur les risques de politisation Mbaye Sarr plaide pour la priorité aux enseignants expérimentés du secteur privé et un recrutement fondé sur le mérite

Face à l’annonce d’un recrutement spécial de plus de 2 500 enseignants, le débat sur les critères de sélection et les profils à privilégier s’impose. Mbaye Sarr, le Secrétaire général national du Syndicat autonome pour le développement, l’éducation et la formation (SADEF), sort de sa réserve et interpelle les autorités sur la nécessité de faire de cette opération une véritable opportunité pour les enseignants déjà diplômés et expérimentés.

Pour le responsable syndical, il serait injuste de mettre à l’écart les enseignants diplômés, expérimentés et déjà en activité dans les établissements privés, qui contribuent depuis plusieurs années à la formation des élèves, parfois dans des conditions difficiles.

« Pourquoi ne pas donner la priorité à ceux qui enseignent déjà et qui ont fait leurs preuves sur le terrain ? », s’interroge Mbaye Sarr. Selon lui, ces enseignants disposent d’une expérience pédagogique qui constitue un atout majeur pour renforcer rapidement le système éducatif national.

Le SADEF plaide pour le relèvement de l’âge limite à 40 ans

Le SADEF plaide également pour un élargissement de la tranche d’âge dans le cadre de ce recrutement spécial. Pour Mbaye Sarr, l’âge ne devrait pas constituer un obstacle pour des enseignants qualifiés ayant plusieurs années d’expérience.

Le syndicat propose ainsi d’étudier sérieusement une limite d’âge pouvant aller jusqu’à 40 ans, afin de permettre à des enseignants expérimentés, notamment ceux ayant exercé dans le privé, d’accéder à la fonction publique.

« Il faut valoriser l’expérience et les compétences accumulées au fil des années, plutôt que de privilégier uniquement l’âge », défend le coordonnateur national du SADEF.

Le SADEF alerte sur la politisation du recrutement

Au-delà de la question des critères d’âge et d’expérience, le SADEF met en garde contre toute politisation du recrutement.

Pour Mbaye Sarr, le recrutement spécial de plus de 2 500 enseignants doit rester une opération transparente, équitable et exclusivement fondée sur des critères objectifs. Il ne doit, en aucun cas, devenir un moyen de favoriser des militants, des proches ou des personnes bénéficiant de soutiens politiques.

Le syndicat appelle ainsi les autorités à mettre en place des critères clairs, publics et vérifiables, afin de garantir l’égalité des chances entre les candidats.

« On ne doit pas recruter n’importe qui », martèle en substance le responsable syndical, qui estime que les compétences, l’expérience et la qualification doivent primer sur toute autre considération.

Priorité aux animateurs polyvalents et aux enseignants du privé

Dans cette perspective, le SADEF recommande une attention particulière aux animateurs polyvalents et aux enseignants expérimentés du secteur privé, dont les compétences pédagogiques sont déjà éprouvées sur le terrain.

Pour Mbaye Sarr, ces professionnels constituent un vivier important pour l’école publique. Leur recrutement permettrait non seulement de valoriser leur expérience, mais également de répondre rapidement aux besoins en personnel enseignant.

Un appel à la vigilance des autorités

À travers cette sortie, Mbaye Sarr invite donc les autorités à faire de ce recrutement spécial une mesure de justice sociale, de valorisation des compétences et de renforcement de l’école sénégalaise.

L’enjeu, estime le SADEF, n’est pas simplement de recruter plus de 2 500 enseignants, mais de recruter les bons profils, dans un processus transparent et débarrassé de toute forme de clientélisme.

Le syndicat appelle ainsi à la vigilance : pas de politisation, pas de favoritisme, mais la compétence, l’expérience et le mérite comme seuls critères de sélection.

Le recrutement doit être une chance pour les jeunes diplômés, mais aussi une reconnaissance pour ces enseignants qui, depuis des années, transmettent leur savoir dans les établissements privés et ont accumulé une solide expérience sur le terrain.

Mamadou Camara – Journaliste

Camou Communication – Kaolack

chevron_left

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Commentaire
Nom
E-mail
Site